Soutien aux banques. Le plan approuvé sans unanimité
Alors que les marchés boursiers s'étaient calmés (*), les députés français ont approuvé par le vote hier en début de nuit le plan de sauvetage des banques françaises. Mais sans l'unanimité souhaitée.
Les résultats définitifs du vote des députés sont tombés hier soir, à 23 h. Seuls l ' UMP et le Nouveau centre ont finalement approuv é le « projet de loi de finances rectificative pour le financement de l ' économie ». Les socialistes se sont absten us et les communistes ont vot é contre.
Ce qui devait permettre de faire passer le texte p résenté par la ministre de l'Economie Christine Lagarde et celui du Budget Eric Woerth.
Déclinaison française du plan adopté dimanche par l ' Eurogroupe, ce projet de loi adopté en urgence lundi par le conseil des ministres institue une double garantie de l ' Etat aux banques afin de rétablir la confiance et stopper la contamination de la crise à l ' économie « réelle ».
Pas d'incidence
sur le budget
Christine Lagarde a vait insisté dans la soirée devant les députés sur les contreparties éthiques et économiques exigées par l ' Etat. En échange de sa garantie sur le refinancement, l ' Etat demandera un « encadrement strict de la rémunération » des dirigeants des banques et un plafonnement de leurs indemnités de départ, a vait précisé la ministre de l ' Economie. De son côté, Eric Woerth a vait maintenu que le plan n ' aura « pas d ' incidence directe sur le budget ».
Le gouvernement a vait exhorté la gauche à voter ce « texte historique ». « Ce rassemblement serait un signe fort de notre volonté commune de sortir de la crise et de protéger les Français », a vait déclaré aux députés le Premier ministre François Fillon.
Il n ' a pas été entendu. Après un long débat en réunion de groupe, les socialistes avaient décidé de s ' abstenir. « Pas question de s ' opposer à un plan européen qui permet de sortir des premières tourmentes de la crise financière. Pas question non plus d ' approuver la politique de Nicolas Sarkozy au plan économique », a vait expliqué François Hollande.
Divsions à gauche
Mais le premier parti d ' opposition s ' est encore une fois divisé à un mois de son congrès. Une dizaine de députés de tous courants s 'étaient en effet prononcés en faveur d ' un vote pour. « Le PS aurait dû voter pour ce plan, qui n ' est pas celui de Nicolas Sarkozy, qui est le plan de l ' Union européenne », a vait ainsi regretté Manuel Valls. « Il manque aujourd ' hui des hommes d ' Etat au Parti socialiste ». Une position « totalement personnelle », selon son président de groupe Jean-Marc Ayrault.
Ces divisions ont fait les délices des responsables de la majorité. Feignant la « consternation », Jean-François Copé a vait fustigé avant le vote « l ' hypocrisie » et la « dérobade » du PS. « L ' image d ' une Europe unie aurait demandé celle d ' un Parlement français rassemblé », a vait lancé à la gauche le président du groupe UMP.
Le texte sera examiné , cet après-midi, par les sénateurs. Il devrait être voté sans modification, permettant sa promulgation d ' ici à vendredi.
(*) + 2,75 % à Paris, + 3,23 % à Londres, + 0,82 % à Wall Street.