Soldats tués. Les explications de Morin et Kouchner
Les ministres
des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et de la Défense, Hervé Morin, ont défendu hier l ' engagement de la France en Afghanistan , a près l' embuscade qui a tué dix soldats.
Lors d ' une audition par les commissions Défense et Affaires étrangères de l ' Assemblée nationale, organisée à la suite de l'embuscade qui a coûté la vie à dix soldats , Hervé Morin s ' est efforcé de démontrer qu ' il n ' y avait pas eu de dysfonctionnement lors de la mission effectuée par les forces françaises le 18 août à l ' est de Kaboul.
Justifications
de la présence française
« Rien ne permettait de prévoir » l ' embuscade, a-t-il assuré, alors que l ' attaque, l ' incident le plus meurtrier pour des troupes françaises depuis 1983, a causé une émotion considérable.
Mais, semblant vouloir préparer les esprits, Bernard Kouchner a prévenu qu ' il était « probable malheureusement » que la France subisse de nouvelles pertes dans une mission d ' une durée encore indéterminée.
Pour tirer les « enseignements » du drame, le ministre de la Défense a évoqué un renforcement des moyens de reconnaissance et de renseignement, qui avaient fait défaut lors de la mission.
Au-delà d e la tragédie , si les ministres ont affiché leur désaccord sur l ' emploi du mot « guerre », tous deux ont cherché à justifier l ' engagement de la France dans une force de l ' Otan opérant sous mandat de l ' Onu.
« La responsabilité
d'une grande puissance »
Cependant 55 % des Français se disent opposés à l ' engagement français en Afghanistan, selon un sondage réalisé après l ' embuscade.
L ' audition d 'hier préludait au débat prévu au Parlement le 22 septembre, qui sera suivi d ' un vote réclamé par l ' opposition.
« Que chaque parlementaire prenne ses responsabilités » , a lancé Nicolas Sarkozy, en rendant visite dans l ' après-midi à Castres (Tarn) au 8 e Régiment parachutiste d ' infanterie de marine, qui a perdu huit hommes dans l ' attaque.
Pour le chef de l ' Etat, un retrait des troupes est hors de question. « En abandonnant le peuple afghan, ( ... ) nous renoncerions au statut de grande puissance, avec nos droits et nos devoirs pour la paix du monde ».