Social. Épreuve de force en vue
En annonçant hier, au soir d'une importante mobilisation des fonctionnaires, la présentation d'un projet de loi sur l'accueil des enfants en cas de grève, Nicolas Sarkozy a pris le risque d'accroître encore les mouvements sociaux prévus la semaine prochaine.
Pour les syndicats, la mobilisation des salariés de la fonction publique pour la journée de grève d'hier a été importante et représente donc un succès prometteur. Notamment pour la prochaine journée de grève, pour la défense des retraites, le 22 mai.
Une mobilisation qui pourrait encore être accrue après les propos du président de la République hier soir demandant à son gouvernement « de déposer avant l'été un projet de loi qui instituera un droit à l'accueil des enfants inscrits dans nos écoles. »
2.837 communes seulement
Hier, sur 22.000 communes françaises a yant au moins une école 2.837 seulement avaient signé des conventions pour organiser un dispositif minimum d'accueil des enfants.
« Le projet que je demande au gouvernement prévoira qu'en cas de grève, les professeurs grévistes se feront connaître 48 heures à l'avance », a également déclaré le président de la République précisant que « la charge financière (de l'accueil des enfants) sera assurée par l'Etat ».
« Une ligne rouge »
franchie
Une annonce aussitôt critiquée par l'ensemble des syndicats enseignants et lycéens, qui ont estimé à l'instar de Gérard Aschieri (FSU) que le chef de l'État franchissait « une ligne rouge », en voulant limiter le droit de grève. Ils ont accusé le chef de l'État de n'apporter aucune « réponse sur le fond », d'adopter une attitude « méprisante » et de vouloir faire « diversion ».
« Une manoeuvre
politique »
Pour le secrétaire général du SNUIpp, premier syndicat des instituteurs, Gilles Moindrot, « On devrait plutôt rendre obligatoire le dialogue social entre le gouvernement et les syndicats pour désamorcer les conflits ».
Pour le premier secrétaire du PS François Hollande, « Nicolas Sarkozy veut ouvrir une épreuve de force, inutile et blessante, il veut diviser les Français, mettre une partie de l'opinion au service d'une cause simplificatrice et enfin, engager une manoeuvre politique, quand il faut répondre aux besoins de l'école et de l'avenir des enfants ».
« Plaire à la frange conservatrice »
Selon le député de Corrèze, « ce n'est pas pour améliorer le fonctionnement de l'école ou pour permettre l'accueil des enfants des familles modestes que Nicolas Sarkozy prend cette initiative, mais pour plaire à la frange la plus conservatrice de sa majorité et pour remobiliser les rangs de son parti ».
Pour Daniel Sanchez, secrétaire confédéral de la CGT, les déclarations de Nicolas Sarkozy sont une « provocation. Il a délibérément adressé une fin de non-recevoir aux salariés, qui correspond à l'ensemble des réponses qu'il a déjà faites sur les autres problèmes sociaux »