Saint-Ouen. Les derniers jours d'un bidonville
Le plus grand camp rom de France, à Saint-Ouen aux p ortes de Paris, sera dans quelques jours rasé. Le terrain fera l'objet d'un nettoyage avant sa fermeture. Le bidonville situé dans le quartier des Docks, près de la Seine, était considéré comme le plus important de France. Ce camp de fortune est voué à disparaître les semaines prochaines.
Certaines familles
restent en France
Ce bidonville s'était développé sur des locaux désaffectés d'EDF et un terrain vague attenant, propriété de Réseau ferré de France, entrelacs insalubre de baraques en bois et en tôles, sans eau ni électricité.
Plus du tiers des 633 Roumains recensés avant l'été ont accepté l'aide au retour volontaire en Roumanie. 95 sont déjà partis et 140 doivent embarquer demain à bord d'un nouvel avion, selon la préfecture de Seine-Saint-Denis.
A l'exception d'une centaine de personnes (24 familles) choisies pour intégrer un village d'insertion et quelques malades autorisés à rester se faire soigner en France, les autres occupants ont été invités à quitter le terrain et la France.
Pour sélectionner les familles « les plus aptes à s'intégrer », la préfecture avance divers critères d'intégration (maîtrise du Français, efforts de scolarisation des enfants et capacité à travailler dans les métiers autorisés aux Roumains et aux Bulgares). L' ambiance est joyeuse chez les Covaciu. « Je vais faire des ménages, mon mari va travailler dans la restauration, c ' est un nouveau départ » , explique en romani Violeta Covaciu, 41 ans .
Recherche
d'un nouveau terrain
Depuis plusieurs jours, les Roms jugés indésirables quittent progressivement le camp. Pour eux, la chasse au terrain est rouverte en Ile-de-France.
« Mon père prospecte, il est parti essayer de trouver un autre terrain, dans le 93, 94 ou 95 », explique en français Augustin, 17 ans, dont la famille, en France depuis sept ans, a été recalée.
« Le bidonville va se refaire ailleurs », prédit Julien Radenez, de Parada, une association d'aide aux enfants roumains intervenant au camp. Beaucoup de ceux qui ont profité de l'aide au retour « reviendront dans les prochaines semaines », affirme-t-il.