Route. L'éthylotest antidémarrage arrive
Pour lutter contre l'alcool au volant, des éthylotests anti-démarrage pourraient équiper, dès 2009, les véhicules des contrevenants.
Parce que « la première cause des accidents, c'est la consommation d'alcool, nous avons décidé de mettre en oeuvre une véritable politique en la matière, qui se base notamment sur les éthylotests antidémarrage. » Michèle Alliot-Marie a indiqué, hier, que la prochaine loi d'orientation et de programmation de sécurité intérieure, soumise au Parlement à l'automne, prévoira la création d'une peine supplémentaire. Elle permettra à un juge d'obliger une personne condamnée pour conduite en état d'ébriété à équiper son véhicule d'un éthylotest antidémarrage.
Une deuxième chance
Ce dispositif, couplé sur le système de démarrage d'un véhicule, oblige le conducteur à souffler « pendant cinq secondes » dans un tube relié à un appareil qui enregistre la dose éventuelle d'alcool dans l'air expiré, a expliqué à la ministre le Dr Charles Mercier-Guyon.
Si l'appareil décèle la présence d'alcool, une deuxième chance est offerte à l'automobiliste au bout de trois minutes. « Nous avons constaté que certains aliments contiennent de l'alcool, en faible quantité, mais suffisante pour bloquer le système aussitôt après en avoir grignoté », explique le Dr Mercier-Guyon, président du Comité de Prévention routière de Haute-Savoie, département où une expérience a été lancée .
Au-delà de l'aspect judiciaire, la ministre de l'Intérieur a évoqué « la possibilité d'équiper volontairement un véhicule de ce dispositif ». Pour encourager de telles pratiques, elle a proposé que « les compagnies d'assurance prévoient des bonus pour compenser le coût encore élevé des éthylotests », environ 800 euros.
Si la loi est votée à l'automne, le dispositif pénal entrera en vigueur début 2009.