Renseignement. La naissance d'un « FBI » à la française
C'était l'un des chantiers du candidat Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui marque la fusion des mythiques DST (contre espionnage) et RG (Renseignements généraux) fera ses débuts.
Cet outil se veut un « FBI à la française » en matière de renseignement qui devient une priorité comme dans les armées, selon des sources policières.
Forte de 4.000 fonctionnaires, la DCRI traitera de ce qui « relève de l ' intérêt de la nation » : terrorisme, grands mouvements de contestation, intelligence économique. C ' est ce que les policiers nomment, dans leur jargon, le « milieu fermé » , auparavant du ressort quasi-exclusif de la DST.
Un proche de Sarkozy
aux commandes
Les policiers de la DCRI, dotés de l ' habilitation « secret défense » , seront implantés par zone dans chaque département. 175 commissaires, soit 10 % de l ' effectif total, y seront affectés dont une centaine à Levallois sous la direction d e Bernard Squarcini, un proche de Nicolas Sarkozy surnommé « le squale » par ses hommes, patron de la DST depuis 2007.
Pour le « milieu ouvert » , plus traditionnel - comptage des manifestants, violences urbaines, conflits sociaux -, une sous-direction de l ' Information générale (Sdig) de 1.000 policiers est créée à la Direction de la sécurité publique .
Les 4.000 policiers des RG et les 2.000 de la DST ont été répartis dans ces deux structures « sans trop de dommages » , selon leurs syndicats.
La base a pourtant exprimé ses craintes face à une réforme inédite supprimant de facto deux services de police aux succès retentissants dans la lutte contre le terrorisme. Pour Paris, la préfecture de Paris fera bande à part, hors de la DCRI, en raison de la « spécificité de la capitale » , selon ses concepteurs.