Psychiatrie. Sarkozy veut mieux encadrer les malades
Nicolas Sarkozy veut une loi pour durcir les conditions de
sortie des patients hospitalisés d'office dans les établissements
psychiatriques. Les préfets auraient la responsabilité d'autoriser les sorties.Trois semaines après la mort d'un étudiant poignardé à Grenoble (Isère) par un malade mental échappé d'un hôpital psychiatrique, Nicolas Sarkozy a annoncé, hier, une série de mesures réformant l'internement.
« Les malades potentiellement dangereux doivent être soumis à une surveillance particulière », a exigé le chef de l'Etat, qui visitait une unité de soins spécialisés, à Antony (Hauts-de-Seine). Il a annoncé un plan doté de 30 millions d'euros pour renforcer la sécurité des hôpitaux psychiatriques. S'y ajoute la création de quatre unités pour malades difficiles (UMD), pour un coût total de 40 millions d'euros.
Grâce à cette enveloppe, « certains patients hospitalisés sans leur consentement seront équipés d'un dispositif de géolocalisation » capable de donner l'alerte en cas de fugue, a-t-il précisé, et des chambres d'isolement seront également aménagées.
« L'Etat, pas l'expert »
Nicolas Sarkozy a également annoncé, sans préciser de date, le dépôt d'un projet de loi réformant l'hospitalisation psychiatrique d'office en réservant aux préfets ou à la justice les autorisations de sortie. La décision de laisser sortir un patient, actuellement du ressort des soignants, « ce doit être l'Etat ou, dans certains cas la justice, pas l'expert », a martelé le chef de l'Etat.
Le président de la République a aussi repris à son compte la proposition d'instaurer une obligation de soins « en ville », une alternative pour les patients qu'on ne souhaite pas hospitaliser, qui était demandée par une partie des professionnels.
Une surveillance
décriée
Cependant, beaucoup d'organisations spécialisées ont marqué leur réticence face à l'accent mis sur la surveillance et les malades hospitalisés sous la contrainte, qui représentent moins de 20 % des patients. Le Pr Jean-Pierre Olié, chef de service à l'hôpital Sainte-Anne de Paris, a ainsi jugé « surprenant » la surveillance du patient par GPS, qui relève, selon lui, de la « confusion entre délinquance et maladie ».
L'Unafam (Union nationale des amis et familles de malades mentaux) demande que toutes ces propositions soient revues dans une large concertation avant la présentation de ce projet de loi.
Vive réaction aussi du côté du PS, où l e député Jean-Marie Le Guen, chargé des questions de santé, a dénoncé « la tentative d ' amalgame faite entre les délinquants et les malades, les soins et l ' ordre public, l ' hôpital et l ' enfermement ».