Nucléaire. Construction d'une deuxième centrale EPR
Nicolas Sarkozy a annoncé, hier, en Saône-et-Loire, la construction d'une deuxième centrale nucléaire EPR française pour faire face à la crise énergétique.Grâce au nucléaire, « la France va vivre une nouvelle révolution industrielle », affirmait, hier, le président de la République. « Il faudrait qu'on prenne la décision d'implantation (du deuxième EPR) d'ici à début 2009 » et « il faudrait que la première pierre soit posée en 2011 ».
Mais Nicolas Sarkozy n ' a pas précisé où c e second réacteur, destiné à équiper une centrale de production d ' électricité, sera construit, ni qui l ' exploitera.
« Une énergie indispensable »
La construction du premier EPR français à Flamanville, dans la Manche, qui, à terme, devrait prendre le relais d'une partie des 58 réacteurs du pays, a démarré en décembre dernier pour une entrée en service programmée en 2012.
« L'ère du pétrole bon marché, c'est fini », a prévenu Nicolas Sarkozy. « Le nucléaire est plus que jamais une industrie d'avenir et une énergie indispensable ». Car « chaque EPR qui remplace une centrale à gaz fait économiser deux milliards de m³ de gaz par an » a plaidé le président français.
Par ailleurs, « le nucléaire civil, il faut le rendre accessible pour tous les pays qui le veulent », car c'est « une arme au service du développement », a-t-il déclaré.
« On peut devenir, nous les Français, exportateurs d'électricité alors qu'on n'a pas de pétrole et qu'on n'a plus de gaz. C'est une chance historique de développement », a-t-il plaidé, rappelant que 77 % de l'électricité produite en France est nucléaire.
Cette annonce d ' un deuxième projet de réacteur nucléaire EPR en France , va aviver la concurrence entre EDF, principal exploitant des centrales françaises, et le nouveau groupe GDF Suez, qui veut aussi développer des centrales de ce type.
Suez fait valoir qu ' il a déjà conclu en janvier un partenariat avec Areva et le groupe pétrolier français Total pour proposer deux EPR aux Emirats arabes unis. L'EPR est actuellement développé par le groupe nucléaire français Areva et l'Allemand Siemens.
Colère des écologistes
L'annonce de Nicolas Sarkozy a également provoqué la colère des Verts qui ont rappelé « leur opposition la plus ferme et leur détermination à lutter contre la construction du réacteur nucléaire EPR, inutile, dangereux et coûteux » qui devrait coûter trois milliards d'euros selon eux.
Le directeur des campagnes de Greenpeace France, Yannick Jadot, rappelle que la feuille de route adoptée à l'automne dernier donnait « la priorité absolue aux économies d'énergie et au développement des renouvelables ».
« On ne fait pas rouler les voitures avec du nucléaire », rappelle Yannick Jadot alors que les promoteurs de cette forme d'énergie dominante dans la production d'électricité française prônent sa relance face à l'augmentation des prix de l'or noir.