Mayotte. Naufrage tragique d'une barque de clandestins
Quatorze personnes ont péri et sept étaient portées disparues , hier, au large de Mayotte. Le naufrage s'est produit alors que ces clandestins tentaient de rejoindre l ' île française de l ' océan Indien.
Les recherches pour retrouver d'éventuels survivants du naufrage qui a fait 14 morts au large de Mayotte ont été interrompues, hier soir, pour la nuit et devaient reprendre ce matin. Sept personnes étaient toujours portées disparues, quelque 24 heures après le drame survenu à 10 km au large de Mayotte.
Selon les témoignages des rescapés, le « kwassa » , une barque de pêche traditionnelle, transportait 33 personnes, dont sept enfants , lors du drame . Il a , sans doute , heurté un platier, c ' est-à-dire un haut-fond de corail découvrant à marée basse.
C ' est un pêcheur qui a découvert le naufrage , vers 1 h du matin . Il a réussi à sauver huit personnes en les déposant sur une plage, avant de donner l ' alerte.
Le PC de l ' action de l ' Etat a aussitôt été activé pour suivre le déroulement des opérations. Toute la nuit, une vedette de la police de l ' air et des frontières, une autre de la gendarmerie ainsi qu ' un navire de la gendarmerie maritime ont participé aux recherches, renforcées par un ULM au lever du jour.
Quatre naufragés supplémentaires ont ainsi pu être secourus.
Mayotte :
eldorado économique
Un précédent naufrage de « kwassa » , le 24 juillet dernier, avait fait six morts et seize disparus à un kilomètre à peine des côtes.
Des milliers de Comoriens clandestins venus d ' Anjouan tentent chaque année de s ' installer à Mayotte, distante de seulement 70 km. Les autorités ont déjà intercepté, depuis le début de 2008, quelque 200 « kwassa » transportant ces clandestins. Ceux qui sont arrêtés sont, dans la plupart des cas, expulsés dans les cinq jours.
D ' après une estimation du député René Dosière (PS/Aisne), qui a présidé une mission sur le sujet, les clandestins d ' Anjouan représentent « en gros un tiers de la population » de Mayotte.
L ' île française, dont le produit intérieur brut est neuf fois supérieur à celui des Comores, représente pour eux un eldorado économique.