Le sourire perdu de Lagarde
La crise boursière et financière transforme notre personnel politique. À commencer par l'hôte de Bercy qui en perd toute sérénité.
Elle en tire une tête la grande duduche ! La ministre de l'Économie, Christine Lagarde, se décompose au fur et à mesure que la crise s'enfonce... Pire qu'un trader au chômage ! D'ordinaire rayonnante et toutes dents dehors, la grande argentière se fait des cheveux blancs... Lessivée, déprimée, délavée. Cette semaine au journal de 20 Heures, elle ressemblait à un lévrier afghan passé à la machine.
Il faut dire que le job n'est pas de tout repos. D'autant qu'elle doit supporter les quolibets de ses petits camarades de classe qui se moquent d'elle à la récré, affublée de cruels sobriquets comme « TVB » (Tout va bien) ou « Madame la marquise » après qu'elle a déclaré fin septembre que « le gros de la crise est derrière nous ».
Entre le marteau
et l'enclume
Bref, on lui reproche son optimisme décalé, son manque de carrure ainsi que ses gaffes. Notamment lorsqu'elle a évoqué à un journal allemand « un fonds européen de sauvetage des banques », provoquant l'ire de Berlin. Nicolas Sarkozy lui aurait passé un savon au téléphone : « Tu m'as foutu le bordel avec Merkel... C'est moi qui parle, ce n'est pas à toi de faire des annonces », raconte Le Canard Enchaîné, qui écrit encore que Sarko, furax, a lâché ce commentaire peu amène : « Une connerie de plus de Lagarde. Décidément, elle n'en loupe pas une ».
C'est quand même injuste ! C'est ce qui s'appelle se retrouver entre le marteau et l'enclume. Car, en somme, le chef de l'État lui demande à la fois de la fermer et de rassurer. Faudrait savoir... Dur, dur d'être ministre sous Sarkozy en période de crise.
En attendant, peut-on compter sur les socialistes pour donner un coup de main, une idée, une proposition ? Euh... Eh bien, il suffit de rassembler les petites phrases de la semaine pour en avoir le coeur net. La palme reviendra à Michel Sapin, le secrétaire national chargé de l'économie au Parti socialiste : « Vraiment, objectivement, je trouve qu'aujourd'hui le Parti socialiste est digne dans la crise financière. (...) Moi, je trouve que cette crise nous tire vers le haut. Et, au fond, ça améliore le débat dans le PS à la veille de notre congrès de Reims »... On est bien content de l'apprendre.
Quant à Ségolène Royal, la nouvelle hippie de la rue de Solférino, elle déclare : « Changer le système, c'est mettre le système financier au service de l'économie ». D'accord, mais on fait comment ?
Delanoë plus libéral ?
Et puis, Bertrand Delanoë, qui avait fait du bruit et du buzz sur son fameux « je suis socialiste et libéral », on ne l'entend plus parler de libéralisme. Bizarre, bizarre !
Et on allait oublier François Bayrou. Que devient-il ? Il joue dans le nouvel épisode de Zorro, mais ne campe pas le héros à la cape noir, mais plutôt celui de Bernardo, son valet et muet. Évaporé, disparu notre François, sans doute en pleine réflexion.
Avec des opposants pareils, Nicolas Sarkozy a encore de beaux jours devant lui !