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Ile de Ré. Victime de son accessibilité
Ouvert le 19 mai 1988, le pont de l ' île de Ré a désenclavé le territoire . Ma is vingt ans plus tard , l ' urbanisme galopant et le flot de touristes qu ' il a générés inquiète l es Rétais. En 1986, le commandant Cousteau s'inquiétait de la construction d'un pont de l'île de Ré. « Très forte urbanisation, embouteillages monstres, disparition de l ' agriculture rétaise devant la pression foncière, mise en danger du littoral » menaçaient l ' île , selon un rapport de sa fondation éponyme. Aujourd'hui, la réalité n'est pas loin des prévisions. L' attente de sept ou huit heures devant les bacs s ' est transformée en une file de voitures traversant le village de Rivedoux, sur l ' île et au pied du pont, entre lesquelles les piétons se faufilent pour aller à la plage. Il faut parfois deux heures pour quitter l ' île en période de grands départs. Avec seulement deux routes, le réseau est mal adapté. Entre 1989 et 2007, le trafic a doublé pour atteindre plus de trois millions de passages.
135.000 habitants l'été contre 17.000 l'hiver
Principales inquiétudes : la qualité de vie des habitants et la sauvegarde de l ' environnement. Les jeunes Rétais, en particulier, ont du mal à se loger. Bernard Bordier, président de l ' association des usagers rétais du pont, s ' alarme : les habitants de l ' île, confrontés à l ' explosion des prix de l ' immobilier, commencent à s ' installer en périphérie de La Rochelle. « L'île de Ré est devenue un placement », regrette-t-il. Pour le maire de La Flotte-en-Ré, « il faut réduire la capacité d'accueil de l'île ». Le schéma directeur de 2000 a fixé celle-ci à 135.000 personnes (17.000 habitants à l'année).
Les inquiétudes ravivées
Mais la gratuité du péage du pont, qui devrait intervenir en 2012 quand l'emprunt aura été remboursé, a ravivé les inquiétudes. Les Rétais gardent en mémoire l ' exemple de leurs voisins d ' Oléron, où la gratuité du pont dans les années 1990 a provoqué une augmentation très forte de la circulation. Une écotaxe de 3,05 euros sur 16,50 payés pour entrer dans l ' île, initiée par la loi Barnier en 1995, est désormais perçue en haute saison estivale. Plusieurs solutions sont envisagées pour contrôler le trafic vers l ' île comme un « pass » à la journée pour des transports en commun à volonté ou des navettes régulières. Certaines sont plus radicales, comme celle de Jean-Pierre Goumart, militant des Verts, favorable à l ' instauration d ' un seuil de fréquentation avec des « tickets pont » réservés à l ' avance .


Sources
Le Télégramme
20/05/2008
Rubrique: France
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