Gouvernement. A qui le bonnet d'âne ?
C ' est le cadeau de rentrée de Nicolas Sarkozy et François Fillon à leurs troupes : alors que l'on parle d' un possible remaniement du gouvernement, les ministres vont recevoir prochainement un bilan individuel de leur action.
« Les ministres, comme les autres, doivent rendre des comptes », a fait valoir , hier, le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez, au terme du premier conseil des ministres de l ' année et des voeux du président au gouvernement , à l ' Elysée.
Trentre critères
Pour ce faire, une grille d ' évaluation a été élaborée avec une « trentaine d ' indicateurs chiffrés par ministère », comme par exemple le nombre d ' universités ayant choisi le statut d ' autonomie pour Valérie Pécresse (Enseignement supérieur) ou le nombre d ' expulsions de sans-papiers pour Brice Hortefeux (Immigration). Un travail de scribe mené à bien par les cabinets des ministres et Matignon, avec l ' aide du cabinet d ' audit privé Mars & Co.
Une fois ces grilles dûment remplies par chaque ministère, les ministres seront reçus par François Fillon. « Ils vont avoir des entretiens », sans doute à partir de « la deuxième quinzaine de janvier », a précisé l ' entourage du Premier ministre.
« Pas pour couper
les têtes »
Les ministres qui récolteront un bonnet d ' âne sont prévenus : ils « devront rendre compte de leur inefficacité », selon Laurent Wauquiez. Mais à Matignon, on assure que l ' initiative n ' a « strictement rien à voir » avec un possible remaniement à l ' approche des municipales de mars. « C ' est un outil de pilotage » et « ça n ' est pas fait pour couper des têtes » , a assuré François Fillon .
Lors de ses voeux pour 2008, Nicolas Sarkozy a de fait renouvelé « sa confiance totale, pleine et entière au gouvernement » et réaffirmé sa « confiance totale » au Premier ministre. Tout en leur rappelant avec insistance que les Français sont « impatients » d ' avoir des « résultats ».
Le Premier ministre a lui estimé que « 2008 sera une année déterminante pour le quinquennat ». « C'est une année où nous devons réussir les grandes transformations économiques et sociales que les Français attendent ».