Etudiants. Une grève contagieuse
Même si les premières manifestations organisées, hier, contre la loi d'autonomie des universités, n'ont pas rassemblé les foules des grands jours, la mobilisation étudiante s'est encore étendue. Une dizaine d'universités - sur un total de 84 - sont désormais touchées par des blocages sporadiques et des assemblées générales sont prévues dans une quarantaine de facultés. Une coordination nationale doit se réunir à l'université de Rennes 2, dimanche.
A Rennes 2, mercredi après-midi, l'assemblée générale du deuxième jour avait très majoritairement voté à main levée en faveur d'un vote à bulletins secrets dès le jeudi matin. Aussitôt, l'administration de l'université a pris ses dispositions pour organiser le scrutin : il devait se dérouler, hier, de 10 h à 17 h, dans le hall du bâtiment L, et sur présentation de la carte d'étudiant ou, à défaut, d'une pièce d'identité.
A main levée à Brest
Une telle consultation, bien cadrée dans les règles de l'art et sans manipulation possible, devait très probablement déboucher sur une décision de fin de blocage. Une éventualité que des militants ne voulaient pas admettre. Dès l'heure prévue pour le début de la consultation, un groupe de quelques dizaines de personnes (dont une partie extérieure à l'université, selon l'administration) a empêché les opérations et barricadé les portes du bâtiment L.
Une AG s'est alors improvisée sur les marches du bâtiment B, et bloqueurs et non-bloqueurs sont tombés d'accord pour reporter à lundi le vote à bulletins secrets. D'ici là, les portes de Rennes 2 resteront bloquées par des amoncellements de chaises et de tables.
La présidence a fait savoir qu'elle ne prévoyait pas de décider la fermeture administrative de l'université avant le scrutin de lundi. « Jusqu'à ce vote, l'université reste ouverte avec une activité fortement perturbée », euphémise-t-elle dans un communiqué.
La manifestation organisée, hier, après-midi, a vu la participation de près de 2.000 étudiants.
A Brest, à la faculté Segalen, la grève a été votée, hier, à main levée. Quelques étudiants ont bien tenté de s'opposer à cette décision. En vain. Une nouvelle assemblée générale est prévue lundi. Les modalités d'action - l'idée de bloquer l'université a d'ores et déjà été évoquée - y seront décidées.
La gare du Nord paralysée
Ailleurs en France, trois nouvelles universités ont voté, hier, un blocage total ou partiel : Paris X-Nanterre, Pau, et la faculté des Sciences à Caen. Montpellier 2 (Sciences et Techniques) a voté le blocage de son site à partir d'aujourd'hui, de même que Lyon II, à partir de lundi. Quant à Paris I (Tolbiac), occupée mercredi soir, l'université a été fermée administrativement. Grenoble et Metz ont voté la grève, sans blocage pour l'instant.
Dans d'autres universités (Paris VI, Paris XII, Marne-la-Vallée, Nancy II, Nîmes, Strasbourg II, Evry, Besançon) le mouvement a gagné mais les AG n'ont voté ni blocage ni grève. A Montpellier III, l'AG s'est contentée de voter le principe d'une participation à la journée du 20 novembre aux côtés des fonctionnaires. En outre, les universités de Rouen, une partie de Tours, Nantes, Aix-Marseille I, Toulouse-II, Lille I et III et le département des lettres de Caen, étaient toujours bloqués hier.
Plusieurs défilés ont également été organisés, hier, avec une participation plus ou moins importante. A Paris, 300 manifestants ont interrompu la circulation des trains Gare du Nord.