Cinéma. Montfermeil regrette le départ de Luc Besson
La décision du réalisateur Luc Besson d'annuler un tournage à Montfermeil après des incendies de voitures a plongé dans la désolation le maire et des habitants de cette commune de Seine-Saint-Denis.
Après l ' incendie de dix voitures devant servir aux cascades et décors d u film qu'il produit « From Paris with Love » , Luc Besson a annoncé, lundi, au x habitants de Montfermeil qu ' il annulait le tournage . Officiellement, s a société Europacorp affirme que le tournage est « reporté », tout en reconnaissant être à la recherche « d ' un autre site » .
Redorer l'image de la ville
Dans la ville, où près d ' une centaine de personnes au total avaient été recruté e s, l ' engouement était réel. La municipalité, voyant le moyen de redorer l ' image ternie de ce quartier sensible, soutenait à 100 % le tournage de ce film d ' envergure (38 millions d ' euros de budget).
« Je dis à Luc Besson qu ' il est toujours le bienvenu. La population n ' a pas envie de rester sur cet échec » , a demandé , lors d ' une conférence de presse , Xavier Lemoine , le maire UMP de la ville , voulant encore y croire.
« Ce qui s ' est passé est infiniment regrettable » mais « je ne suis pas sûr que suspendre la dynamique engagée était la meilleure décision (...) La population est fâchée, en colère. Un engagement avait été pris » , a-t-il dit.
Alors que depuis lundi la tension est palpable , l ' édile ne cachait pas son inquiétude : « Le service après-vente, c ' est moi qui le gère. Pour quelqu ' un qui veut s ' intéresser à la Seine-Saint-Denis et dit vouloir donner beaucoup, il nous laisse dans une situation difficile à gérer » .
« On n'est pas
des racketteurs »
En banlieue, Luc Besson est une icône. « Tout le monde le respecte, c ' est un gros nom qui n ' a pas volé son pedigree » , explique Dawa, ancien « grand » du quartier des Bosquets proposant , hier, de servir de « médiateur » entre Besson et son quartier.
La production avait négocié directement avec des jeunes des Bosquets. Trente « locaux » devaient épauler les équipes d ' Europacorp chargées de la sécurité, selon la mairie. Selon plusieurs sources, « ça a été tendu toute la semaine , mais ils étaient parvenus vendredi à un accord » .
« On n' est pas des racketteurs, c ' est pas une question d ' argent , mais il y a une manière d ' aller voir les gens, il faut les respecter. Aux Bosquets c ' est comme ça » , expliqu ait, hier soir, Dawa en appelant Besson à revenir « négocier » .