Cannes. Et pour quelques euros de plus...
Des 10.000 bouteilles de champagne vendues au Carlton aux villas à 45.000 euros la quinzaine, la manne financière du festival va croissant. 250 millions d'euros : c'est le chiffre d'affaires généré par le festival de Cannes l'année dernière pour un budget de 20 millions.
Principaux gagnants, les hôteliers qui fournissent 7.500 chambres, dont 2.300 en quatre étoiles et palaces. Alors que la population de la ville triple en douze jours, ils réalisent 15 % de leur chiffre d'affaires annuel. « C'est la plus belle vitrine qui puisse exister », estime Michel Chevillon, président du syndicat local des hôteliers. La capacité d'accueil cannoise ne suffisant pas, les établissements de la Côte d'Azur glanent des clients, tout comme les agences immobilières. Un studio se loue entre 1.800 et 3.600 euros la quinzaine. Il faudra débourser 45.000 euros pour une villa.
Les marques
prêtes à tout ?
Les traiteurs et les fournisseurs alimentant hôtels et soirées de gala se frottent également les mains. Avec 4.000 couverts quotidiens, le Carlton prévoit de servir, chaque jour, 800 kilos de langoustes et homards. Il écoulera aussi en douze jours 25 kilos de caviar, 10.000 bouteilles de champagne et 30 tonnes de fruits et légumes , chaque célébrité ayant ses desiderata.
Le secteur du luxe n'est pas en reste. Les grandes marques se livrent une lutte sans merci pour habiller, parer, maquiller et coiffer les célébrités pour la montée des marches. Mais à quel prix ? Officiellement, les célébrités portent les tenues gratuitement. Officiellement...
Les locaux à la peine
Mais tous les acteurs de l'économie ne sont pas de la fête. Et les « petits » locaux regrettent que l'événement soit devenu « une affaire de gros sous ».
« On perd 10 à 12 % de chiffre d ' affaires par an car le festival est de moins en moins populaire » , affirme Noël Di Giovanni, président de l ' union locale des restaurateurs et limonadiers. « Ce mythe d ' un âge d ' or du festival a toujours été » , rétorque David Lisnard, président du Palais et adjoint au tourisme à la mairie. « C ' est le premier festival au monde avec un nombre d ' accrédités en hausse chaque année. Que serait Cannes sans cet outil de notoriété ? »