Art. Le Matisse volé rendu à ses propriétaires... décédés
Un tableau d ' Henri Matisse a été rendu, hier, à ses héritiers. Volé à son propriétaire juif en 1941, il était conservé en France depuis 1951.L'histoire de ce tableau est à l'image de milliers d'autres. Volé par les nazis à son propriétaire juif en 1941, en Allemagne, et conservé depuis 1951 en France, « Le Mur rose, de l'hôpital d'Ajaccio », peint en 1898 par Henri Matisse, a été remis, hier, par la ministre de la culture Christine Albanel à Stewart Glyn, président de la branche londonienne de la Magen David Adom, l'équivalent israélien de la Croix Rouge, héritière du collectionneur Harry Fuld Jr.
Héritiers décédés
Le Matisse avait d'abord été acheté en France en 1914 et ramené à Francfort, portant de ce fait un tampon des douanes françaises.
Acquis ensuite par Harry Fuld Sr, il avait été volé par les nazis en 1941 et retrouvé, sans documentation, en 1948 dans une cache constituée par l'officier SS Kurt Gerstein. L'histoire de ce personnage ambigü a été portée à l'écran par le film « Amen » de Costa Gavras.
Le tableau avait été ramené en France en raison de la présence du tampon des douanes.
Le travail d'une historienne allemande, Marina Blumberg, avec l'aide de la base de données « MNR » (Musées nationaux récupération) mise sur pied, a permis de retrouver la trace de son propriétaire, aujourd'hui décédé, de son héritière également décédée « et qui n'a jamais su qu'elle possédait un Matisse », selon Stewart Glyn, et de la succession de cette dernière.
2.000 pièces non-identifiées
Les « MNR », terme sous lequel ils sont conservés et pour certains exposés, sont des tableaux, objets d'arts, pièces de mobilier, etc., partis de France sous différents scénarios, récupérés après la guerre et confiés à la garde des musées français. Immédiatement après la guerre, quelque 60.000 pièces avaient été récupérées, 45.000 rendues rapidement et 13.000 de moindre valeur vendues.
Restent aujourd'hui 2.000 « MNR », dont un millier de tableaux signés Vlaminck, Delacroix, Ernst, Courbet, Fragonard ou de maîtres plus ou moins connus. On estime que 10 % de ces 2.000 pièces relèvent de spoliations avérées envers des familles juives, sans que l'on connaisse leur possesseur.