Accueil des tout-petits. 320.000 demandes à satisfaire
Jardins d'éveil pour les 2-3 ans, assouplissement des normes, réforme du congé parental : ce sont quelques-unes des pistes évoquées pour développer l'accueil des tout-petits.
Créer un droit opposable à la garde d'enfants d'ici à 2012 : c'était l'une des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy.
Un premier rapport sur le sujet a été remis hier au Premier ministre. Partant du constat qu'il manque actuellement quelque 320.000 places en France, Michèle Tabarot, députée UMP, juge les délais trop courts et propose la mise en place d'un droit opposable « par étapes ».
Dans un premier temps, elle souhaite porter l'effort sur les 2-3 ans, pour lesquels la députée propose la création de « jardins d'éveil » dans les locaux des crèches et des écoles maternelles. « Ils constitueront une véritable passerelle entre la crèche et l'école », explique-t-elle dans une interview au Monde. Les plages horaires seraient semblables à celles des crèches mais l'encadrement serait moindre (un adulte pour douze enfants).
Le droit opposable s'appliquerait pour cette catégorie d'âge à partir de 2012.
Des assouplissements
Pour les enfants de moins de deux ans, la députée évoque d'autres assouplissements. Notamment, la possibilité pour les assistantes maternelles de garder quatre enfants au lieu de trois.
Pour les crèches, Michèle Tabarot souhaite que le surnombre autorisé à 10 % actuellement passe à 20 %. « Les aides fiscales accordées aux entreprises qui ouvrent des crèches devraient, en outre, être élargies à d'autres mesures favorables aux parents, notamment à ceux travaillant sur des horaires décalés », poursuit-elle.
Réforme
du congé parental
Jugeant souhaitable que les enfants soient gardés par leurs parents « dans les premiers mois », Michèle Tabarot préconise une réforme du congé parental, en s'inspirant du modèle nordique. « Il vaudrait mieux instaurer dès le premier enfant des congés parentaux plus courts - un an - et bien rémunérés - nous proposons une indemnité de 67 % du revenu brut plafonnée à 1.800 euros par mois. Pour inciter les pères à participer pleinement à l'éducation de leurs enfants, nous proposons également de leur réserver deux mois de ce congé », explique-t-elle dans Le Monde. S'il ne les prend pas, ces huit semaines seraient perdues.
Dans son rapport, la députée ne fait pas référence au financement, estimant qu'il n'est pas possible de chiffrer le coût des mesures. Elle rappelle seulement « que les excédents cumulés de la branche famille s'élèveront entre 13,5 et 15,9 milliards d'euros de 2009 à 2012 ».