Vacances. Pas pour tous les élèves
Pour un certain nombre d'élèves, ces vacances de Pâques n'en seront pas tout à fait. Ils vont devoir retourner à l'école. C'est cette semaine qu'en Bretagne, les premiers stages de remise à niveau pour écoliers en difficulté vont être expérimentés.
Lutter contre l'échec scolaire : tel est l'objectif de ces stages d'un nouveau genre. De cinq fois trois heures, ils s'adressent aux élèves de CM1 et CM2 qui ont des difficultés en français et en mathématiques, qui ne maîtrisent pas bien les notions de base.
Combien d'élèves sont concernés ? Dans la zone B, où les stages ont commencé la semaine dernière, 40.000 élèves y seraient inscrits, encadrés par 8.000 enseignants volontaires.
En Bretagne, les premiers chiffres fournis par le rectorat indiquent que 1.400 enfants participeront à ces « cours de vacances » gratuits, dont 500 dans les Côtes-d'Armor, 140 dans le Finistère, 424 en Morbihan et 327 en Ille-et-Vilaine. Des stages qui se dérouleront par groupe de six enfants maximum.
Volontaires
Pour les encadrer, environ 200 professeurs des écoles (sur 1.389) se sont porté volontaires. Un nombre qui ne permettra pas d'organiser autant de groupes que le permettraient les enveloppes financières.
« Nous ne sommes pas opposés à ces stages et on ne veut pas jeter la pierre à nos collègues qui sont volontaires mais on dit que ça ne marche pas », explique un responsable du SNUIPP-FSU des Côtes-d'Armor. « Ce n'est pas en quinze heures que l'on va régler les problèmes de ces enfants. La difficulté scolaire se traite au quotidien, c'est un travail de fourmi ».
Pour ce syndicaliste, la bonne solution aurait été de donner plus de moyens aux Rased (réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté) qui regroupent à la fois des enseignants et des psychologues scolaires. « À partir du moment où l'on dit que la difficulté scolaire doit être traitée en dehors du temps scolaire, on doit craindre pour l'avenir de ces réseaux ».
Évaluation
Quel sera l'impact de ces stages ? Difficile de le dire dans la mesure où il s'agit d'une première. Une véritable et objective évaluation ne pourra être faite qu'à la rentrée, à l'issue des trois stages prévus cette année (outre Pâques, deux autres stages seront organisés début juillet et fin août).
Permettront-ils à ces enfants en difficulté de retrouver confiance en eux ou, au contraire, vivront-ils ces stages comme une punition, une stigmatisation ? Sur cette question, les avis sont très divergents. Mais, comme le reconnaît l'inspecteur d'académie adjoint d'Ille-et-Vilaine, il ne faut pas, en tout état de cause, en attendre de miracle.