Travail dominical. Ça renâcle à l'UMP
Sur le dossier du travail du dimanche, le fossé se creuse au sein de la majorité. Une cinquantaine de députés de l'UMP et du Nouveau Centre s'opposent au projet du gouvernement. Une fronde menée par le Costarmoricain Marc Le Fur et la quasi-totalité des députés bretons de droite.« Il y a un accord extrêmement large sur cette proposition de loi. » La phrase, prononcée mardi, est de Jean-François Copé. Soucieux de montrer l'engagement de la majorité derrière un texte auquel tient particulièrement Nicolas Sarkozy, le patron des députés UMP sera-t-il contraint de revoir son jugement dans les jours à venir ? Publié hier, l'appel lancé par le député UMP costarmoricain Marc Le Fur (lire ci-dessous) montre au grand jour la scission qui s'installe au sein de la majorité sur le dossier du travail du dimanche.
En tête l'Alsace
et la Bretagne
Une cinquantaine de députés ont signé ce texte qui explique leur opposition au travail du septième jour. Parmi eux, une quinzaine de parlementaires d'Alsace et de Bretagne, anciens fiefs de la démocratie chrétienne. Un extrait de leur déclaration : « L'homme contemporain est-il uniquement un individu consommateur ou est-il encore l'animal social que définissait Aristote ? S'il n'est que consommateur, ouvrons les magasins le dimanche et laissons le satisfaire son instinct. Si l'homme se construit par les relations qu'il tisse avec les autres, posons-nous la question de maintenir chômé un jour dans la semaine durant lequel les relations que nous avons les uns avec les autres peuvent être facilitées et gratuites. »
Bientôt à l'ordre du jour
de l'Assemblée
Le gouvernement a-t-il voulu aller trop vite sur le sujet ? Luc Chatel, le secrétaire d'Etat à la Consommation, compte inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, dès la première quinzaine de décembre, la proposition de loi du député des Bouches-du-Rhône Richard Mallié.
Que prévoit le texte ? L'autorisation d'ouvertures des commerces le dimanche dans les grandes agglomérations françaises en priorité Paris, Lyon, Lille et Marseille. Des garde-fous sont prévus : les salariés pourront refuser de travailler ce jour-là et les volontaires seront payés double.
« Il faut des règles »
Sentant monter la contestation, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a souligné, hier sur RTL, qu'il n'était « pas question de faire travailler tous les Français le dimanche ». Selon lui, il s'agit d'« assouplir le travail du dimanche ». Concernant les zones de plus d'un million d'habitants, « il y a une logique à ouvrir les magasin le dimanche », a-t-il estimé. « Mais il faut des règles, en premier lieu le feu vert du maire », a encore expliqué le ministre.
En tout cas, l'appel des parlementaires de la majorité a été bien accueilli par la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME). « Si l'intérêt économique d'une telle mesure est éminemment contestable, ses conséquences sociales risquent de s'avérer catastrophiques, en particulier pour le commerce de proximité », a souligné la Confédération. La CFTC s'est également félicitée du « geste des députés ».
Quant aux représentants des Eglises en Europe , ils ont rappelé , hier, au secrétaire d ' Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, leur souhait de voir le repos dominical mieux protégé dans les législations nationales comme dans la future directive européenne révisée sur le temps de travail.