Surveillance des plages. La relève s'organise
Ils sont des centaines en poste depuis le 1 er juillet. Maîtres-nageurs sauveteurs de la SNSM ou sapeurs-pompiers suppléent la légère baisse des CRS maîtres-nageurs.
Autrefois casse-tête pour les maires, la sécurité et la surveillance des principaux lieux de baignade sont le plus souvent confiées à des structures comme les pompiers et la SNSM. Si certaines communes gardent leur indépendance et organisent leur propre service, comme la communauté urbaine Brest métropole océane, la Bretagne semble moins dépendante des CRS maîtres-nageurs que d'autres régions littorales.
En effet, le désengagement partiel des CRS de ce type de mission, amorcé depuis deux ans, a contraint, en juin, des municipalités d'Aquitaine à interdire la baignade sur des plages dangereuses, faute de policiers. « Aucun poste de secours n'est supprimé cette année, en Bretagne. Du Calvados à la Vendée, 165 CRS sont en poste. C'est neuf de moins qu'en 2007 », rassure-t-on à la direction régionale des CRS à Rennes. Mais l'inquiétude plane sur le devenir des CRS maîtres-nageurs, avec la révision générale des politiques publiques (RGPP) qui contraint toutes les administrations à réduire la toile.
Moitié moins de CRS
en 2009 ?
Le sujet reste d'autant plus sensible que les CRS sont très prisés par les maires des communes littorales puisqu'à même d'intervenir en cas d'actes de délinquance. S'ils sont encore plus de 600 affectés, cet été, sur les plages métropolitaines et en Corse, il se murmure que leur nombre pourrait se réduire de moitié en 2009.
En Bretagne, 41 CRS sont affectés, cet été, sur les plages : quatre postes en Finistère (Pouldreuzic, Bénodet, Fouesnant - deux -), sept en Morbihan (Quiberon, Erdeven, Ploemeur, Larmor-Plage - 2 -, Ploemeur et Guidel), un seul en Côtes-d'Armor (Perros-Guirec) et neuf postes en Ille-et-Vilaine.
Du coup, de plus en plus de postes de secours deviennent mixtes avec des maîtres-nageurs sauveteurs pompiers ou SNSM aux côtés d'un chef de poste CRS. Une cohabitation globalement satisfaisante.
« La mission principale des pompiers n'est pas la surveillance des baignades », explique le capitaine Gilbert Gir, responsable des maîtres-nageurs sauveteurs à la direction des services de secours du Finistère. Comme la SNSM, les pompiers recrutent et forment des jeunes qui préparent le brevet national de secours et sauveteur aquatique, sésame obligatoire.
Le luxe d'avoir le choix
« Tous les ans, on a des problèmes de recrutement et un turn-over important. On ne les lâche pas dans la nature. Ils sont encadrés et soutenus par des nageurs sauveteurs aguerris. On espère que ces jeunes nous rejoignent ensuite comme pompiers bénévoles », poursuit Gilbert Gir. Ils sont 83 nageurs sauveteurs pompiers en Finistère et 75 en Côtes-d'Armor. Le colonel Maxence Joynet, patron des pompiers des Côtes-d'Armor, « ne court pas », lui non plus, après ces missions de surveillance des plages. « On répond aux demandes des collectivités mais c'est un gros chantier et on a du mal à recruter des jeunes », confirme-t-il.
De fait, la SNSM, de plus en plus en plus sollicitée, fait de gros efforts de formation et de recrutement. « On a, cette année, 240 jeunes répartis dans trois départements bretons : Finistère (23 postes de secours), Morbihan (30 postes) et Côtes-d'Armor (15 postes) », souligne l'amiral Bertrand Massonneau, patron de la surveillance des plages au siège, à Paris.
Seul hiatus : les maîtres-nageurs sauveteurs de la SNSM, particulièrement bien formés, viennent de toute la France et doivent être logés. Des élus, comme à Penmarc'h, préfèrent privilégier des locaux et font appel aux maîtres-nageurs des pompiers. Une chance d'avoir le choix...