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Prêts. Les temps sont durs
Avec la hausse des taux d'intérêt, les temps sont durs pour les prétendants au crédit. Les banques, de leur côté, jurent qu'elles n'ont rien changé à leurs conditions : ce sont les dossiers qui ne sont plus aussi bons qu'avant. Selon les statistiques trimestrielles, le montant des prêts immobiliers aux particuliers réalisés par les banques est globalement à la baisse. La Bretagne n'échappe pas à cette tendance, même si c'est variable selon les établissements. Le Crédit mutuel de Bretagne et le Crédit agricole du Finistère évoquent une diminution de leurs réalisations de l'ordre de 12 à 15 % par rapport à l'an dernier. Les raisons de ce repli sont connues : en 2008, le crédit est plus cher qu'en 2007, du fait de la hausse des taux d'intérêt. Ainsi, un certain nombre de dossiers qui étaient finançables en 2007 ne le sont plus en 2008, parce qu'ils dépassent le taux d'endettement admis par les banques (autour de 33 % du revenu). Il y a aussi le ralentissement des transactions immobilières. La baisse du pouvoir d'achat freine les investissements, d'autant plus que les acheteurs potentiels ont tendance à attendre que les vendeurs baissent leurs prix. La violente crise bancaire pourrait laisser penser que les banques jouent la prudence et durcissent les conditions d'octroi de leurs crédits.
« Nos critères sont les mêmes »
Une hypothèse que rejettent énergiquement ces dernières, répétant à l'envi qu'elles ne financent pas des crédits en fonction de la valeur d'un bien, mais en fonction de la capacité des emprunteurs à faire face à leurs mensualités. « Nos critères sont les mêmes. Nous n'avons pris aucune mesure ni donné aucune instruction à notre réseau pour restreindre l'attribution de nos crédits. Au contraire, on souhaiterait en faire davantage car c'est le coeur de notre métier », souligne Alain Prault, directeur des crédits et des entreprises au Crédit agricole du Finistère. Le discours est rigoureusement similaire au Crédit mutuel de Bretagne. Dans les deux banques, on reconnaît, tout au plus, faire preuve de davantage de prudence dans le cadre des prêts relais. « Comme le marché immobilier est en décroissance, on ne veut pas mettre nos clients en difficulté », argumente Stéphane Briand, directeur commercial du CMB. « Nous étions rigoureux, nous le restons », résume, pour sa part, Patrick Cézille, directeur de la Société générale pour le Finistère.
Un effet mathématique
Du côté des courtiers en ligne spécialisés en crédits immobiliers, on donne raison aux banques, mais partiellement seulement. « Il y a un effet mathématique. 21 % de nos dossiers qui étaient finançables en janvier 2007 ne sont plus solvables en octobre 2008, par le seul fait de la hausse des taux », souligne Maël Resch, d'empruntis.com. Néanmoins, cette spécialiste est persuadée que les banques sont plus rigoureuses et, aujourd'hui plus qu'hier, y regardent à deux fois avant de prêter de l'argent. « On ne peut pas reprocher aux banques françaises d'être trop prudentes. Elles souffrent aujourd'hui moins que les autres. Cependant, il faut reconnaître qu'elles vont assez loin dans leurs investigations. Si on est un jeune couple, à moins de sortir d'une grande école ou d'être un futur médecin, il vaut mieux se présenter avec un apport personnel minimal de 10 à 20 %. Ce n'était pas le cas il y a un an. Les banques prêtaient jusqu'à 110 % à ceux qui n'avaient pas de quoi préfinancer les frais de notaire ». Même analyse chez meilleurtaux.com, autre site comparateur de taux. « Les banques épluchent les relevés de comptes et examinent à la loupe les contrats de travail. Il vaut mieux avoir un compte nickel et une ancienneté professionnelle. On voit certains banquiers se renseigner sur la solidité financière des employeurs », indique Stéphane Crémer qui dirige meilleurtaux.com.
Banques sélectives
« Le crédit n'est pas mort, loin s'en faut, mais les banques sont devenues extrêmement sélectives en limitant la durée des prêts et en augmentant l'apport personnel. Le gouvernement ne se serait pas pris la tête sur le sujet si c'était faux. Cependant, la contraction des crédits est moins problématique pour l'immobilier que pour les entreprises », analyse pour sa part Serge Maitre, président de l'AFUB (Association des utilisateurs des banques).



Aujourd'hui, les banques jouent la prudence, « pour ne pas mettre nos clients en difficulté ». Ainsi, pour un jeune couple désireux de souscrire un crédit immobilier auprès d'une banque, mieux vaut se présenter avec un apport personnel minimal de 10 à 20 %. . Photo François Destoc
Sources
Le Télégramme
02/11/2008
Rubrique: Infos régionales
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