Plaques d'immatriculation. Vent de fronde
A partir du 1 e r janvier prochain, le nouveau système d'immatriculation des véhicules entrera progressivement en vigueur. Fini l'indicatif du département sur la plaque. Une décision qui passe mal. Et si c'était au département que l'on en voulait ?Touche pas à mon numéro. La polémique enfle et le vent de fronde, parti surtout de province, souffle de plus en plus fort. Des députés, de droite comme de gauche, montent au créneau. Ils sont 74 à avoir adhéré au collectif « Jamais sans mon département ». (*)
Les nouvelles plaques, de couleur blanche, seront composées de deux lettres, trois chiffres et deux lettres. Sans référence donc au département, elles seront attribuées à un véhicule pour toute la durée de sa vie. Pourquoi ce changement ? D'abord, contrairement à ce qui a pu être dit, l'Europe n'a rien à voir dans cette affaire. Cette réforme ne répond à aucune directive européenne.
Simplifier les démarches
Les raisons sont autres. Selon le ministère, il s'agit, avant tout, « de simplifier les démarches des automobilistes ». Ainsi, le propriétaire d'un véhicule n'aura plus l'obligation de faire modifier le numéro en cas de changement de département. Il pourra, par ailleurs, demander sa carte grise en tout lieu du territoire, quel que soit son département de résidence, et la recevra à son domicile.
L'objectif est aussi de revoir le fichier actuel des immatriculations qui, avec 150 millions de dossiers pour 40 millions de véhicules en circulation, n'est pas entièrement fiable. Il comporterait de nombreuses erreurs dans les adresses. On devine évidemment tout l'intérêt d'une telle opération : un fichier fiable permettra de retrouver plus facilement la trace de certains automobilistes et d'assurer une bonne distribution des PV, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.
71 % contre
Mais c'était sans compter sur l'attachement des Français à leur département. Selon un sondage publié récemment par le magazine Auto-Plus, 71 % se déclarent hostiles à la suppression du numéro du département sur les nouvelles plaques minéralogiques. Parmi les raisons invoquées, 38 % disent que c'est un moyen de reconnaître des « compatriotes ».
Du côté des élus, le conseil général du Nord-Pas-de-Calais a été le premier à sonner le tocsin de la contestation. Dans la foulée, un tiers des conseils généraux a manifesté sa désapprobation. Tous dénoncent une atteinte à l'identité départementale ou à une identité culturelle. A un moment où l'existence des départements est remise en cause par le rapport Attali, cette polémique prend évidemment une dimension qui va au-delà d'une simple affaire de plaques minéralogiques.
Pas de marche arrière
Cela dit, peu probable que le gouvernement embraye la marche arrière. La réforme entrera bien en vigueur le 1 er janvier prochain avec, pour ceux qui sont attachés aux numéros actuels, une petite consolation : la référence au département sera toujours possible à droite sur la plaque.
*Le collectif, animé par le député UMP des Bouches-du-Rhône Richard Mallié, regroupait mercredi 74 députés : 26 socialistes, deux Nouveau centre (NC), deux non-inscrits et 44 UMP. Trois députés bretons y adhèrent : le PS Jean Gaubert, et les UMP du Morbihan Loïc Bouvard et Gérard Lorgeoux.