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Jean Porcher : « On se paie notre tête »
L'armement costarmoricain Porcher, l'un des principaux de Bretagne-Nord, qui emploie 140 salariés dont 110 marins, a décidé de ramener à leur port d'attache ses treize chalutiers. Explication de Jean Porcher, patron de l'armement. Pourquoi avez-vous suspendu l'activité de votre flottille ? Parce que l'on perd de l'argent tous les jours et que cela fait un an que ça dure. Ce n'est plus tenable. Le gazole représente aujourd'hui entre 50 % et 55 % de notre chiffre d'affaires. Pour que l'activité soit rentable, il faut que le prix du gazole soit compris entre 30 et 35 centimes le litre. Le carburant coûte le double aujourd'hui. Chacun de nos chalutiers perd en moyenne 7.600 euros par semaine. Nous ne sommes pas les seuls touchés. Avec l'arrêt de nos bateaux, ce sont 450 personnes qui se retrouvent au chômage technique : nos salariés mais aussi tous ceux qui travaillent avec nous : mareyeurs, poissonniers, personnel de criée, transporteurs... Qu'attendez-vous du gouvernement ? Des aides pour compenser la hausse du prix du gazole. Il faut que ce prix revienne à un niveau compris entre 30 et 35 centimes. Ces aides nous ont été promises il y a huit mois, lors de la visite du président de la République au Guilvinec. On ne voit toujours rien venir. On doit en être à la 41 e réunion avec les représentants de l'Etat. On se paie notre tête ! On nous dit que les aides ne sont pas euro-compatibles. L'Europe va nous tuer. Le gazole est cher pour tout le monde mais on voit bien que les Espagnols sont aidés. Mais on a du mal à le prouver car c'est bien caché. On se demande aussi où va le produit de la taxe sur le poisson qui avait été mis en place pour aider les pêcheurs. C'est une taxe pour rien. Nos bateaux ne repartiront pas en mer tant qu'il n'y aura rien de concret. Le mouvement va certainement s'amplifier. S'il n'y a rien de concret, la situation risque d'être dramatique. Dans les Côtes-d'Armor, de gros investissements ont été réalisés pour la pêche par le conseil général et les chambres de commerce. Je pense en particulier au centre de réparations du Légué ou le port d'Erquy. Tout risque de tomber à l'eau.



Ce n'est pas de gaîté de coeur que Jean Porcher a décidé la grève des chalutiers de son armement basé à Saint-Alban, d'autant plus que le mouvement se répercute sur tous les acteurs de la filière. . Photo archives Le Télégramme
Sources
Le Télégramme
20/05/2008
Rubrique: France
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