Infanticide. Un bébé découvert dans un congélateur
Lundi matin, le cadavre d'un nouveau-né a été découvert dans le congélateur d'une famille d'éleveurs de chevaux de Saint-Nicolas-
du-Pélem. C'est le grand-père qui a fait la macabre découverte.
Alors que le sort des époux Courjault continue d'alimenter l'actualité judiciaire, une nouvelle affaire de bébé congelé défraie la chronique. Depuis lundi, un couple de Costarmoricains est en garde à vue dans les locaux de la brigade de gendarmerie de Guingamp. Installés au village du Ruhaer, en Saint-Nicolas-du-Pélem (sud de Guingamp), Valérie et Frédéric Le Gall, âgés d'une trentaine d'années et parents de deux garçons de 5 et 3 ans, ont été interpellés à leur retour de week-end, lundi, en soirée. C'est la famille qui avait prévenu la gendarmerie, vers 11 h, le matin.
Une petite fille
En ce lundi de Pâques, en l'absence de son fils et de sa belle-fille, le grand-père avait décidé de rendre service et d'aller dégivrer le congélateur situé dans le penty de la maison d'habitation. C'est en ouvrant la porte de l'appareil électroménager qu'il a fait la macabre découverte. Un pied dépassait d'un sac. Enveloppé dans deux emballages plastiques, gisait le cadavre congelé d'une petite fille.
Strangulation
et hématomes
L'autopsie, menée hier midi, a permis de relever « des traces de strangulation et des hématomes à l'origine de la mort du nourrisson », a précisé, hier, Marie-Sophie Monet, procureur de la République au tribunal de grande instance de Guingamp. Selon les premiers éléments de l'enquête, le bébé « d'une taille et d'un poids laissant à penser une naissance à terme » serait mort quelques heures tout au plus après sa venue au monde, sans que la date du décès ne soit formellement établie.
Selon le parquet, les 30 premières heures de la garde à vue auraient permis de dresser des charges suffisantes pour procéder à la prochaine mise en examen du couple pour « meurtre sur mineur de moins de 15 ans ». Une qualification avec circonstance aggravante passible de la prison à perpétuité.
La mère
aurait reconnu son enfant
Si de nombreuses zones d'ombre sur les circonstances exactes de l'infanticide demeurent - les déclarations des gardés à vue s'avérant « peu précises et peu fiables » aux yeux du parquet -, la mère de famille aurait toutefois reconnu « qu'il s'agissait bien de son enfant », a souligné Marie-Sophie Monet.
Dans sa déposition, la famille aurait indiqué qu'elle ignorait tout de la grossesse de Valérie Le Gall. Rien ne permet encore de dire si son époux était oui ou non au courant et donc complice.
« Une famille
sans histoires »
Diplômé de l'école de jockey de Mont-de-Marsan, Frédéric Le Gall était connu dans le milieu hippique pour avoir couru à un certain niveau. Avec son épouse, ce passionné de trot tenait depuis le début des années 2000 sa propre écurie au village du Ruhaer, « sur un terrain familial d'une quinzaine d'hectares », comme le mentionne son site internet.
« Une famille sans histoires », selon la procureur de Guingamp qui a confié, hier soir, le dossier au pôle d'instruction départemental de Saint-Brieuc à qui il reviendra de saisir un juge d'instruction. La garde à vue du couple s'achève, elle, ce soir à 18 h.