Immobilier. Le marché fléchit
Depuis le début de l'année, les prix de l'immobilier breton ont tendance à baisser et le nombre de transactions diminue. « Il ne s'agit pas d'une crise et encore moins d'un krach », commente Bernard Le Griguer, du conseil régional des notaires.
« Nous assistons à un fléchissement, mais pas à un effondrement ». Selon les notaires, la baisse s'est accentuée cet été et pourrait atteindre 20 % dans les mois qui viennent, avant que les prix ne se stabilisent à « une valeur raisonnable », au niveau de 2005-2006. Ils sont confiants : « Dans la crise financière que nous traversons, la pierre va redevenir une valeur refuge ». Et puis, le besoin de logement est toujours là.
Des baisses modérées
L'étude statistique du conseil régional des notaires de Bretagne porte sur le premier semestre 2008. Elle reflète une tendance à la baisse de 4 % pour les appartements et de 3,5 % pour les maisons, et une stabilité pour les terrains. Elle traduit aussi une baisse sensible du nombre des ventes, de l'ordre de 15 %.
« Inéluctable »
Ces chiffres restent modérés par rapport à ceux enregistrés dans d'autres régions de France, où la chute atteint 25 % pour les prix et 30 % pour le volume des transactions.
Pour Bernard Le Griguer, cette évolution était inéluctable « après huit années d'une progression vertigineuse qui tendait vers l'irréel ». Déjà, en 2005, les notaires bretons appelaient de leurs voeux un « assagissement des prix », en exhortant les acheteurs à la prudence et les vendeurs à la modération. Finalement, l'assagissement attendu n'est pas venu à temps, et c'est un retournement du marché qui se produit.
La loi de l'acheteur
« Aujourd'hui, ce n'est plus le vendeur mais l'acheteur qui tient le premier rôle », commente Me Le Griguer. Les ventes se font rares, les stocks de biens disponibles augmentent, le temps joue pour l'acheteur qui attend de trouver le logement qui lui convient. « Les trois fondamentaux de l'acquéreur, c'est l'emplacement, la qualité et le juste prix », explique Bernard Le Griguer. « Si ces trois critères ne sont pas réunis, il n'y a pas de vente ».
Retournement, phase 2
Le premier semestre vient à peine de commencer à ajuster les prétentions des vendeurs aux attentes des acheteurs. « C'était la première phase du retournement, celle où le marché se fige », explique Jean-Claude Binard, notaire à Ploërmel. « Depuis juillet, nous sommes entrés dans la seconde phase, celle de la baisse ».
Quelle ampleur ?
Quelle sera l'importance de la baisse ? Combien de temps durera-t-elle ? Les notaires ne se risquent pas à le prévoir précisément. Mais ils ont le sentiment qu'elle sera suffisante, en valeur et en durée, pour assainir en profondeur un marché dont l'évolution avait dépassé les limites du raisonnable avec une progression annuelle six fois supérieure à celle des salaires.
En attendant la « phase 3 » de la stabilisation (espérée courant 2009), les notaires estiment que les tendances locales enregistrées au premier semestre vont se poursuivre dans les différents secteurs de Bretagne.