Education. Les points qui fâchent
Suppressions de postes, dégradation des conditions de travail, manque de dialogue avec le ministère... Les enseignants en grève aujourd'hui expliquent les raisons qui les poussent à descendre dans la rue manifester.Les suppressions de postes. C'est la cause première de la colère des enseignants, du public comme du privé. Au niveau national, le gouvernement a décidé la suppression de 8.500 postes en 2007 et depuis, chaque année, ce quota est revu à la hausse : 11.200 postes supprimés en 2008, 13.500 annoncés en 2009. « Le ministre cherche partout des viviers pour économiser des postes, estime Loïc Balouet (du SGEN-CFDT 29). On supprime 3.000 postes de Rased (aide aux élèves en difficulté) pour la rentrée 2009. On annonce 30 % en moins de places au concours l'an prochain. Les postes seront pris sur les maternelles où l'accueil des moins de trois ans est remis en cause. »
Bon nombre de parents d'élèves sont sur la même longueur d'ondes. « L'école publique, que nous aimons pour ses réussites incontestables, rencontre aussi des difficultés, expliquent les parents FCPE (du Finistère). C'est pourquoi nous souhaitons passionnément qu'elle évolue et se transforme pour s'acquitter vraiment de sa mission : faire réussir tous les jeunes (...). Or, en lieu et place de cette grande cause nationale, à quoi assistons-nous ? Au spectacle d'annonces permanentes qui, au-delà des habillages, voit dans l'Education un moyen d'économiser. Nous constatons un acharnement à toujours moins de postes ! »
La dégradation des conditions de travail.
Pour l'ensemble des enseignants qui prévoient de faire grève aujourd'hui, les suppressions de postes ont pour conséquence évidente et immédiate une dégradation sensible des conditions de travail. Elles sous-tendent selon eux le « recours massif à la précarité », et l'utilisation systématique « des heures supplémentaires pour remplacer des postes ».
Le manque de dialogue. Les enseignants grévistes, les syndicats, dénoncent « le ton et la manière de faire du ministère, à la hussarde, à toute vitesse ». Un exemple : « La réforme des lycées annoncée fin juin devrait être opérationnelle à la rentrée 2009. Les directives seront donc connues en janvier. Tout cela est totalement farfelu », souligne Catherine Appéré, de Sud Education 29.
Les enseignants condamnent un certain « empilement des réformes sans concertation ».
Enfin, ils estiment que leur ministre de tutelle les traite avec « mépris » et « fonctionne sur la division ». Il multiplie « les annonces sur des primes pour diviser l'esprit d'équipe, remet en cause le paritarisme dans la gestion des carrières. A terme, c'est la porte ouverte aux promotions à la tête du client », assure Guy Barré (SNUipp-FSU).