Crise. L'Europe sort ses armes
Les 15 pays de la zone euro se sont mis d'accord, hier soir, sur un plan d'action visant à rétablir la
confiance sur les marchés financiers. La France, l'Allemagne et l'Italie présenteront dès aujourd'hui leur dispositif national.
A l'issue d'un sommet de crise à l'Elysée, les 15 pays de la zone euro ont adopté, hier soir, un plan d'action pour tenter de rassurer les marchés financiers.
Les crédits entre banques
garantis
« Il ne peut y avoir d'économie saine et de croissance durable sans un secteur financier solide. Il faut, pour cela, redonner aux banques la liquidité dont elles ont besoin, leur permettre de trouver des financements à moyen terme et renforcer leurs fonds propres. C'est l'objet des mesures que nous adoptons aujourd'hui », a expliqué Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne.
Les Etats membres de l'Eurogroupe vont ainsi garantir les crédits interbancaires pour une période temporaire, jusqu'au 31 décembre 2009. Ces garanties d'Etat seront « payantes » pour les institutions bancaires et rémunérées selon les taux du marché.
Le blocage de ce marché interbancaire est en effet au coeur de la crise. Par peur des faillites, les banques ne se prêtent plus entre elles. Celles qui ne trouvent pas les fonds nécessaires pour équilibrer leurs comptes peuvent très rapidement se retrouver en difficulté, comme cela s'est produit pour plusieurs établissements européens.
Les décisions chiffrées
annoncées aujourd'hui
Les Quinze se sont également engagés à empêcher leurs plus grosses banques de faire faillite, notamment en procédant à des opérations de recapitalisation.
Aucun montant global n'a été annoncé pour ce plan d'action européen, mais la France (lire ci-dessous), l'Allemagne et l'Italie notamment présenteront cet après-midi, de façon « simultanée », les détails de leur programme de sauvetage, a encore annoncé Nicolas Sarkozy. « Le temps des décisions chiffrées, c'est demain », a déclaré le président français. Ce dimanche, « ce devait être l'heure de l'Europe qui affiche son unité. Demain, ce sera l'heure des Etats membres qui vont en tirer les conséquences », a-t-il assuré.
Selon le président de la commission budgétaire du Bundestag, Otto Fricke, le plan de soutien au secteur bancaire allemand pourrait se chiffrer à quelque 400 milliards d'euros.
Plaidoyer pour un sommet
international
« Nous avons adopté une boîte à outils à la disposition des Etats membres », a précisé, de son côté, le président de l'Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker.
Au-delà de ce plan d'action, qui sera soumis, mercredi et jeudi, à Bruxelles aux chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'UE, et d'ores et déjà soutenu par le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, les Européens veulent convaincre les Etats-Unis d'une refondation du système financier. « Nous irons convaincre nos amis américains de la nécessité d'un sommet international », a ainsi indiqué le président français.
Par ailleurs, la Banque mondiale s 'est dite prête à protéger les pays , pauvres et vulnérables , des retombées de la crise financière .