Collision. Un pilote porté disparu
Deux avions de chasse de la Base d'aéronautique navale (BAN) de Landivisiau (29) se sont abîmés en mer, hier après-midi, au-dessus de la baie de Lannion (22). Un seul des pilotes a pu être récupéré, sain et sauf. Les recherches étaient toujours en cours, cette nuit, pour retrouver son collègue.Les deux avions monoplaces se sont abîmés en mer vers 17 h 10, au-dessus de la baie de Lannion, à proximité du plateau de Triagoz, à environ 27 km au nord-est de la pointe de Primel, à Plougasnou, près de Morlaix (29).
L'accident s'est produit au cours d'une mission d'entraînement à laquelle participaient quatre Super-Étendard modernisés. Les causes de cet accident aérien restaient, hier soir, indéterminées.
L'enquête technique aéronautique a été confiée au Bureau enquête accident défense-air de Brétigny-sur-Orge (91).
Accrochage
entre les deux avions ?
La thèse d'une collision semble la plus plausible. « Lors de ce type d'entraînement, il est tout à fait possible qu'un accrochage se produise entre deux avions mais que les pilotes aient le temps de s'éjecter », explique un ancien pilote de la BAN.
Après le double crash d'hier, le pilote du premier avion a, en effet, pu s'éjecter. Les secours l'ont repéré vers 19 h, dans son « dinghy », le canot de sauvetage qui se gonfle lors de la séparation du pilote et du siège après son éjection. Il a ensuite été récupéré, apparemment en bonne santé, par l'hélicoptère Dauphin de la Marine nationale.
Les recherches pour retrouver le pilote du second avion étaient toujours en cours, à 22 h 30. Seul son canot de survie a été retrouvé. L'embarcation a été ramenée au port du Bloscon, par la SNSM de Roscoff.
Des moyens importants ont été déployés sur zone pour secourir les pilotes de la BAN.
Des recherches difficiles
Quatre vedettes des SNSM de Plougasnou, Roscoff, l'Ile-de-Batz et Trébeurden ont participé aux recherches. Les opérations se sont déroulées dans des conditions météorologiques difficiles. « La mer était mauvaise, avec des creux importants », a témoigné Dominique Trocmé, responsable de la SNSM de Plougasnou.
Deux hélicoptères de la Sécurité civile, un avion Falcon de la Marine nationale et une vedette de la gendarmerie nationale se sont également rendus sur les lieux. Un hélicoptère Lynx a assuré la relève du Dauphin qui s'est occupé de l'hélitreuillage du premier pilote. Enfin, un chasseur de mines Lyre a appareillé de Brest dans la soirée. Il devait être sur zone vers minuit afin de tenter de localiser les épaves des avions qui gisent au fond de l'eau, à environ 60 m de profondeur.
« Tant qu'on ne l'a pas trouvé... »
Contactée, la BAN de Landivisiau n'a laissé filtrer aucun élément sur les deux pilotes de sa flottille 11 F, la priorité de la base étant de prévenir les familles.
Au Service d'information et de relations publiques des armées (Sirpa), les responsables ont indiqué que le dispositif de recherches allait être maintenu « au moins, jusqu'à ce matin ». « On va chercher le pilote tant qu'on ne l'aura pas trouvé », a conclu l'un des responsables de la Marine nationale.