Betancourt. Un goût « de paradis »
Pour Ingrid Betancourt, c'est une avalanche de baisers et de joies depuis sa libération. Elle a pu serrer dans ses bras, hier, ses enfants venus à sa rencontre. Toute la famille prend le chemin inverse, aujourd'hui, pour se rendre en France.Peu après sa libération, Ingrid Betancourt a annoncé qu'elle se rendrait en France. Elle arrivera à Paris aujourd'hui « pour quelques jours » et sera accueillie à sa descente d'avion par Nicolas Sarkozy. Elle sera ensuite reçue à l'Elysée, en compagnie des membres des comités de soutien qui ont organisé la mobilisation pour sa libération.
« Un check-up médical »
Interrogé par les journalistes en marge d'un déplacement en Saône-et-Loire, hier, Nicolas Sarkozy a affirmé que « tout le monde sera content de l'accueillir (...). Je pense qu'il faut maintenant qu'elle fasse aussi un check-up médical parce qu'elle n'a pas été ménagée ».
En attendant, hier, l'ex-otage franco-colombienne a goûté « au paradis ». Elle a retrouvé à Bogota ses enfants Mélanie et Lorenzo, après six ans de captivité dans l ' enfer de la jungle colombienne. Fidèle à sa réputation de femme déterminée, Ingrid Betancourt a monté elle-même la passerelle adossée à l ' avion de la République française arrivé de Paris, sans attendre que ses enfants en sortent.
Une façon de se ménager quelques instants d ' intimité relative avec ses proches à bord de l ' appareil, avant d ' étaler son bonheur devant les télévisions du monde entier.
Un discours revendicatif
« Le nirvana, le paradis, ça doit être très semblable à ce que je ressens en ce moment ! », a-t-elle souri, tenant les mains de ses enfants étroitement serrées dans les siennes.
Très vite, elle est passée outre la grande émotion qui l ' étreignait pour tenir un discours nettement plus revendicatif, destiné à obtenir d ' autres libérations de la part de la guérilla d ' inspiration marxiste. Pour elle, cela passe par une médiation internationale s ' appuyant sur les chefs d ' Etat voisins Hugo Chavez (Venezuela), Rafael Correa (Equateur) ou encore Cristina Kirchner (Argentine), déjà impliqués par le passé. Elle a aussi appelé à la mobilisation des Colombiens lors d ' une grande marche qui devrait se tenir aujourd'hui .
« D' autres façons
de servir »
Après avoir assuré la veille qu ' elle aspirait toujours à la présidence de la Colombie, l ' ancienne candidate a semblé plus prudente. Interrogée sur France 2, elle a répondu vouloir « prendre une décision tranquille ». « Je voudrais simplement trouver un moyen d ' être utile », mais « il y a d ' autres façons de servir ».