Agriculture. Voici la ferme du futur
Guidage du tracteur par satellite, robot de traite, caméra dans les étables, internet pour vendre les produits de la ferme... L'agriculture du futur est en marche et sera la vedette du Space qui s'ouvre demain à Rennes.
Les nouvelles technologies arrivent à point nommé à un moment où l'agriculture manque de main-d'oeuvre et où les paysans veulent concilier organisation du travail et qualité de vie. Elles tombent aussi à pic pour attirer des jeunes non issus du milieu agricole alors que la démographie baisse dans les campagnes.
Il ne faut pas non plus tomber dans l'image idyllique. L'agriculteur de demain ne surveillera pas sa ferme depuis le fauteuil de son salon. Les nouveaux outils ont leurs exigences et leurs contraintes. Et surtout, ils coûtent cher !
150.000 euros
le robot de traite
Dans l'étable, les vaches viennent à leur gré se faire traire en libre-service. À peine l'animal arrivé dans la stalle, le bras du robot se dirige vers la mamelle et, grâce à un système de caméra, place les gobelets sur chaque trayon. La collecte du lait va durer entre sept et huit minutes. L'éleveur passe deux à trois fois dans la journée pour contrôler le déroulement des opérations sur l'écran de son ordinateur.
« L'investissement, qui se situe entre 110.000 et 150.000 euros, est en général intéressant à partir d'une cinquantaine de vaches », note Vincent Jégou, ingénieur à la Chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor.
En Bretagne, le mouvement est lancé, 250 exploitations sont déjà équipées.
Pas davantage d'intervention humaine à la cantine où la ration alimentaire est programmée sur ordinateur. En franchissant le portillon, chaque animal est identifié par son collier magnétique et recevra automatiquement dans son auge la ration précise qui lui convient, selon qu'elle va vêler, selon son état de lactation... Ce système du DAC (distributeur automatique de concentrés) est largement répandu dans les élevages de la région.
Pendant ce temps, l'éleveur peut consacrer plus de temps aux travaux des champs, les semis, l'épandage du lisier, la pulvérisation des produits de traitement des cultures...
Les nouveaux tracteurs sont aujourd'hui dotés d'équipements GPS qui, grâce aux satellites, permettent de programmer les chantiers à mener avec une précision de quelques centimètres. L'engin peut même se diriger dans le champ sans intervention du chauffeur (sauf pour le demi-tour en bout de parcelle), et il ne chevauchera pas sur le passage précédent.
Le GPS permet d'économiser 10 à 20 % des intrants (engrais, produits phytosanitaires) par rapport au balisage manuel.
« Nous vendons majoritairement en Bretagne des tracteurs de l'ordre de 120 CV, indique Marc Simon, le directeur de la Codima à Pontivy. Tout équipé avec autoguidage, le tracteur coûte autour de 100.000 euros ».
Un fossé
qui risque de se creuser
L'ordinateur de poche prend de plus en plus la place de l'agenda. Où qu'il se trouve, l'agriculteur a accès aux données de son élevage, à la gestion de ses parcelles, peut observer une vache qui a une mammite, commander des inséminations, déclarer la naissance du petit veau.
Séduisantes les nouvelles technologies ? Le risque est que leur prix creuse le fossé entre les paysans qui ont les moyens de les acheter et les autres.
Pratique
La ferme de demain, c'est le thème de la plate-forme recherche & développement du Space, le salon de l'élevage de Rennes qui ouvre ses portes demain au Parc-Expo de Rennes-Aéroport. Ouvert de mardi à vendredi de 9 h à 18 h. Entrée : 15 euros ou 20 euros pour deux jours.