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Transport maritime. Des économies grâce à la marée
Se présenter au bon moment pour profiter du courant portant et faire des économies substantielles : un logiciel a été développé au Québec pour le Saint-Laurent.Présent à Brest à la semaine internationale des sciences et technologies de la mer (Sea Tech Week), Alain Richard est directeur de l'Institut maritime du Québec. C'est au centre de recherche de cet institut que ce capitaine au long cours et licencié en économie, a développé le logiciel avec des informaticiens. Le Saint-Laurent a beaucoup d'effets de marée, jusqu'à 5 m, qui génèrent des courants jusqu'à six noeuds. L'idée consiste à ce que le navire arrive en phase avec la marée et profite du courant portant. Cela suppose de ralentir avant de rentrer dans le Saint- Laurent ce qui n'est pas dans les habitudes. Le temps est aussi de l'argent pour les armateurs et affréteurs.
Un gain de 3.000 dollars
« Si on retarde le navire, au maximum de 5 heures, il peut récupérer 3 h 30 à 4 h. Un navire normal, de 30.000 tonnes, de 200 à 220 m de long peut économiser 3.000 dollars au prix du carburant actuel, un gain net, en tenant compte du prix d'affrètement », estime Alain Richard. « Nous avons validé ce logiciel avec 40 navires et quelques centaines de voyages ». C'est d'Est en Ouest, un transit qui, sur toute la longueur, représenterait 200 milles nautiques que le gain intervient, les courants s'annulant sur le retour. Une compagnie canadienne utilise le logiciel, qui existe depuis trois ans. Alain Richard n'a pas connaissance d'outil comparable au monde et pense que des applications sont possibles dans d'autres pays.
Réduction d'émission
Il sait qu'il s'adresse à un milieu assez traditionnel. « Si vous ralentissez et qu'il y a un pépin, ce sera « parce que vous avez ralenti ». Il faut que ce soit une politique choisie par l'armateur. On est obligé aussi de convaincre des gestionnaires de flotte qui ne sont pas marins ». Pour lui, l'économie réalisée plaide pour elle, sans compter la réduction de l'émission de gaz à effet de serre.



Alain Richard, 47 ans, directeur de l'institut maritime du Québec, est capitaine au long cours, et licencié en économie, de l'université de Laval.
Sources
Le Télégramme
15/10/2008
Rubrique: Internationale & nationale
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