Taxe poids lourds. La Bretagne ne désarme pas
Les décideurs économiques bretons ne veulent pas de la taxe poids lourds. Ce serait selon eux une catastrophe pour l'économie et pour l'emploi dans l'Ouest. Ils sont venus hier le dire à l'Élysée.
Les deux conseillers de Nicolas Sarkozy ont bien écouté la délégation bretonne pendant plus d'une heure. Elle est venue en « pack » parler d'une seule voix pour dire tout le mal qu'elle pense de cette taxe et les graves répercussions qu'elle aurait pour les entreprises en Bretagne.
Message clair à l'Élysée
« Ce n'est pas en taxant qu'on réglera le problème de l'environnement ! Nous sommes prêts à travailler sur ce dossier, mais pourquoi taxer ? », s'insurge Jacques Jaouen, président de la Chambre régionale d'agriculture de Bretagne. À l'issue du rendez-vous, ce sont des hommes « encore plus déterminés et fédérés » qui ont quitté l'Élysée. « Non, ce n'était pas, disent-ils, un rendez-vous pour rien ». Ils ont fait passer « un message clair à l'Elysée », et montré qu'ils étaient des « hommes de dialogue ». « On a essayé de faire entendre nos arguments. Mais nous n'avons pas l'impression d'avoir totalement été entendus ! », déplorait Jacques Jaouen. « Il va falloir aller plus loin, passer maintenant sur le terrain du politique », assure le porte-parole de la délégation.
La Bretagne plus exposée
C'est en effet un dossier de poids qu'ils ont défendu hier. La taxe poids lourds, qui a provoqué cette levée de boucliers en Bretagne, est issue du Grenelle de l'environnement, actuellement discuté à l'Assemblée et inscrite au projet de loi de finances 2009. Concrètement, cette taxe de 0,05 à 0,30 euro par kilomètre et par essieu toucherait le transport de marchandises de plus de 3,5 tonnes sur le réseau routier non-payant, c'est-à-dire les voies express, les routes nationales... Le transport par autoroute n'est pas concerné. De fait, la Bretagne serait la région la plus touchée : la totalité du réseau des voies express à caractère autoroutier -plus d'un millier de kilomètres- n'est pas concédé et 93 % des transports de marchandises sont effectués par la route. Le trafic intrarégional représente 75 % des flux de la Bretagne. Cette taxe, c'est aussi un surcoût pour les entreprises.
Surcoût
pour les entreprises
« Qui paiera ? Le consommateur ? ». Jacques Jaouen pose la question. Les entreprises seront, assure-t-il, lourdement pénalisées, l'industrie et tout particulièrement l'industrie agroalimentaire aussi. Cette dernière représente 30 % des marchandises transportées en Bretagne.
« Tous les Bretons sont concernés, souligne Jacques Jaouen, directement ou indirectement, puisqu'il y aura des retombées sur l'emploi ». « Nous sommes prêts à agir. On ne se laissera pas faire ! », a-t-il assuré hier.