Prix du gazole. Une baisse trop timide
Le prix du baril de pétrole a été divisé par trois en quatre mois. Pourtant, les automobilistes roulant au diesel n'y trouvent pas leur compte à la pompe. Ça râle dans les stations-services.
« Les gens nous demandent parfois des explications, ils ne comprennent pas pourquoi çà baisse fortement pour l'essence, mais pas pour le diesel », explique un gérant de station-service de Saint-Brieuc. De fait, le prix du diesel est en train de se rapprocher de celui du super sans-plomb.
Importations de gazole
Le prix moyen du litre en France est de 1,1304 pour le premier, de 1,1748 pour le second. En janvier 2007, où le prix du baril était identique (40 euros), le prix du gazole était de 1 euro.
Pourquoi le diesel ne baisse-t-il pas aussi vite que l'essence ? L'Union des industries pétrolières (UFIP) avance plusieurs explications. D'abord, la tension sur un marché mondial où la consommation de gazole a beaucoup progressé. 70 % du parc européen automobile roule aujourd'hui au diesel. La consommation augmente de 2 % par an alors que celle de l'essence diminue de 7 %.
Les pétroliers expliquent qu'ils sont aujourd'hui « obligés d'importer du gazole, notamment de Russie, car nos capacités de raffinage ne peuvent plus répondre à la demande ». Ils avancent aussi le renforcement du dollar face à l'euro.
Stratégie du rationnement
« Les pétroliers savaient bien que la demande en gazole allait progresser, pourquoi n'ont-ils pas investi pour augmenter les capacités de raffinage ? », interroge François Carlier, le directeur adjoint des études de l'Association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir. « Ils ont en fait joué la stratégie du rationnement et laissé le marché se tendre ». Et de souligner que la marge de raffinage a été multipliée par 6 ou 7 entre 2003 et 2008 pour avoisiner 15 centimes au litre.
L'UFC-Que Choisir s'étonne également de la progression de la marge des distributeurs depuis un an, elle est passée de 7 à 8 centimes en janvier 2007 à 11 centimes. « Les grandes surfaces font-elles des prix d'appel avec les carburants pour attirer les automobilistes dans leurs magasins pour ensuite les remonter ? ». François Carlier n'exclut pas l'hypothèse.