Prévisions. Sortie de crise fin 2009 selon Strauss-Kahn
Le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn estime que « la fin de l'année 2009 devrait voir le redémarrage de l'économie mondiale ». Coup de projecteur sur la crise qu'il qualifie d'exceptionnelle.
DSK s'est expliqué cartes sur table, hier à Paris, lors d'un forum de la presse quotidienne régionale. « Le Fonds monétaire international (FMI) avait, dit-il, fait des prévisions jugées exagérément pessimistes » en avril dernier. « La réalité, dit-il, c'est que nous étions encore trop optimistes ! Car nos dernières prévisions sont beaucoup plus sérieuses encore. Cela ne veut pas dire sans espoir ».
Ce que prévoit le FMI ? « Sous réserve que l'on mette en oeuvre les bonnes politiques, la fin de l'année 2009 devrait voir le redémarrage de l'économie mondiale », estime le patron du FMI. « On a pu entendre, poursuit DSK, que les pays émergents seraient à l'abri. Or, la crise les touche aussi avec un peu de décalage, mais de façon massive, par les canaux du commerce et des flux de capitaux ».
Succès du G20
Le résultat ? « Le FMI a fixé la croissance mondiale à 2,2 %, ce qui est faible et qui correspond à quelque chose de négatif dans les pays développés et disons à autour de 5 % en moyenne pour les pays émergents et les pays pauvres ».
Son sentiment : depuis deux mois, les dirigeants de la planète ont pris conscience de la gravité de la situation, d'où le G20 de la semaine passée. C'est « globalement un succès, sur la fermeté des déclarations, sur le fond aussi ». Ainsi, concernant la sortie de crise, le patron du FMI assure qu'il n'y a pas d'autre voie que celle du soutien budgétaire, pas d'autres moyens de redémarrage de la croissance que celle des interventions publiques.
Le FMI a-t-il les moyens suffisants pour assurer sa mission ? Oui, estime DSK, tout du moins pour faire face à la crise aujourd'hui. Ceci dit, dans six à huit mois, la liste des pays et la queue au guichet pourrait s'allonger, car dit-il, « c'est la première vraie crise de la mondialisation ». La question des ressources fait partie des engagements du G20 et, dit-il « a commencé à se matérialiser avec les Japonais qui ont offert une contribution de 100 milliards de dollars. Ils ont ouvert la porte, je pense que d'autres pays suivront ».
Pompier malgré lui
Enfin, DSK ne souhaite pas que le FMI soit confiné dans un rôle de pompier. Certes, il a une mission de surveillance et vient d'éteindre l'incendie, mais, explique-t-il, 80 % de l'activité du FMI, c'est de l'assistance technique, de la mise en place de systèmes douaniers des pays émergents... On ne parle du FMI que lorsqu'il y a crise, poursuit Dominique Strauss-Kahn, et dans ce cas, il sort les grosses lances à incendie. Je pense que l'on doit pouvoir faire cela de façon moins brutale ».