Entreprises vertes (4/5). Valor, recycleur du bâtiment
A Pédernec (22), Mathieu et Sonia Bouget, 27 ans, ne manquent pas d'idées. Leur jeune société Valor Environnement n'a d'autre but que de donner une nouvelle vie aux déchets du bâtiment.
PÉDERNEC (22). Fils d'entrepreneur de travaux publics, Mathieu Bouget a, très tôt, constaté des incohérences dans la profession. « Les entreprises envoient leurs déchets à la décharge et rachètent ensuite des granulats, pourquoi ne pas les concasser sur place ? ». Il a acheté un concasseur et se déplace sur les chantiers de démolition. Simple, non ? Peut-être un peu en avance sur l'évolution des mentalités.
C'est à partir de ce postulat que Mathieu Bouget, titulaire d'un BTS de mécanique/travaux publics, quitte l'entreprise familiale et créee sa propre affaire, Valor Environnement, en avril dernier. Son épouse Sonia le suit dans l'aventure.
Du sur-mesure en Italie
Faute de trouver le matériel adapté en France, le jeune chef d'entreprise se fait construire un concasseur sur-mesure en Italie. « Je voulais une machine qui entre dans la benne du camion pour me rendre le plus rapidement possible sur les chantiers », raconte Mathieu Bouget.
Sur toute la Bretagne
« Nous ciblons le créneau des PME, qui manquent de solutions pour gérer leurs déchets, explique Sonia Bouget. Notre force est d'être très réactif ».
Le couple pense avoir réuni les ingrédients nécessaires pour répondre aux attentes à la fois économiques et environnementales. Il s'appuie aussi sur le décret du 1 er juillet 2002, favorable au recyclage des déchets ultimes.
« Nous avons adressé des courriers à 4.000 entreprises de travaux publics de Bretagne, nous avons reçu peu de réponses, note Sonia Bouget. Actuellement, les entreprises trouvent plus simple de mettre leurs déchets dans un trou, alors qu'économiquement notre prestation ne revient pas plus cher ».
30 m³ à l'heure
Valor Environnement concasse 30 m³ de pierres à l'heure et facture 2.100 euros la journée de 8 heures. Les granulats peuvent intéresser les PME pour les travaux de chaussée ou la fabrication de béton. Mathieu ne manque pas de travail mais l'horizon du carnet de commandes ne dépasse pas quatre jours. « Ça marchera, lance Sonia Bouget. Le président de la Fédération de Bretagne du Bâtiment est venu nous voir, c'est bon signe ».