Emploi. Dans le Morbihan des salariés multi-entreprises
A mi-chemin entre l'intérim et le salariat, le portage salarial permet de travailler en toute autonomie pour plusieurs entreprises. A Muzillac (56), IFCP gère déjà une douzaine de « portés ».Le portage salarial est aujour- d'hui une piste d'emploi très crédible. S'insérant entre le salariat, l'intérim, la création d'entreprise et le temps partagé, il séduit de plus en plus. Les candidats, des professionnels de haut niveau, sont demandeurs d'emplois, salariés en quête d'activité complémentaire, quinquagénaires souhaitant gérer eux-mêmes leur carrière pour ne pas la subir, retraités désirant arrondir les fins de mois ou futurs créateurs pas encore prêts à se lancer.
ll leur suffit de maîtriser une technique dans des domaines de plus en plus ouverts : commercial, médical, formation, informatique... Ils agissent alors comme des consultants, experts, formateurs, prestataires de services dans le cadre d'un dispositif à trois partenaires : la société de portage salarial et le consultant en portage salarial unis par un contrat de travail et un contrat de portage, et la société cliente auprès de qui ce dernier exécute sa mission. Entre la première et la troisième : un simple contrat de prestation.
Beaucoup d'avantages
Bruno Dorothé, directeur de l'IFCP, gère aujourd'hui une douzaine de salariés portés sur Vannes, Auray, Nantes, Rennes et Paris. Depuis janvier 2007, son activité décolle ! La raison ? Le portage permet à un professionnel d'exercer son métier dans un contexte sécurisé. Il jouit d'une grande indépendance dans son organisation, prospecte lui-même sa clientèle et négocie avec elle. Il choisit le travail qu'il va exécuter souvent dans le cadre d'une mission.
Le porté recouvre le paiement mais est déchargé de toute la gestion puisque c'est l'entreprise de portage qui touche le paiement et lui établit sa fiche de paie : autour de 90 % du montant de la mission, l'entreprise de portage prenant une marge de 2 à 10 %.
Autre avantage : cette activité, qui peut être principale ou annexe, évite de passer par la case « création d'entreprise » qui peut faire peur à certains. La liberté du salarié porté est grande : il peut même quitter sa société de portage avec sa clientèle !
4.000 euros par mois
Le portage peut également être un atout pour les entreprises : « Elles ont parfois du mal à embaucher un salarié pointu », explique Bruno Dorothé. « Elles choisissent alors un porté compétent pour une mission. Tout le monde y trouve son compte. »
Sur les douze portés d'IFCP, un vit très bien de son portage : « C'est une femme secrétaire de direction qui a trois clients, avec un salaire de 4.000 euros par mois. » Un autre est ancien inspecteur Urssaf : il fera en portage de l'audit préventif !
IFCP
Basée à Muzillac.
Tel : 02.97.48.63.81.
Chiffre d'affaires : 260.000 euros en 2007. Elle gère 12 salariés portés. L'objectif est de passer à 17 fin 2008.