Doux. La grippe aviaire a coûté 69 millions d'euros
En 2006, la crise de la grippe aviaire a coûté 69 millions d'euros au groupe Doux. Mais le leader européen de la volaille affirme avoir rapidement redressé la barre.
Chute de la consommation, fermeture des frontières pendant trois mois, dégringolade des prix... La crise qui a frappé l'aviculture mondiale au premier semestre 2006 a fait des dégâts dans les filières. Pour Doux, l'impact a été significatif. En 2006, le groupe breton affiche un chiffre d'affaires de 1,297 milliard d'euros mais un résultat net négatif de 45,3 millions d'euros.
Phénomène « accidentel »
« Ce phénomène exceptionnel, avant tout médiatique, ne doit pas engendrer une erreur d'appréciation sur le secteur qui reste prometteur. En dépit du ralentissement de début d'année, le groupe Doux a su maintenir sa présence et ses marques sur l'ensemble de ses marchés en 2006 », s'empressent de rajouter dans leur rapport 2006 les dirigeants de Doux.
Pour rassurer ses partenaires, le groupe a tenu à isoler dans ses comptes 2006 le phénomène « accidentel » de la grippe aviaire. Ainsi, hors effet grippe aviaire, le groupe a évalué son chiffre d'affaires « pro-forma » à 1,345 milliard et son résultat net à 7,4 millions d'euros. Le groupe précise par ailleurs avoir renégocié sa dette en mai dernier.
« La situation a été difficile pour toute la filière. Mais le groupe a su résister à ce choc grâce au modèle de gestion et de développement qu'il a mis en place », résume Marine Champon, directrice de la communication chez Doux.
Éleveurs mécontents
Alors que la volaille reprend des couleurs, le groupe doit faire face, comme ses concurrents, à la flambée des prix des céréales. Cette inflation est l'argument que Doux met en avant aujourd'hui pour refuser à ses 1.200 producteurs de volaille intégrés une rallonge de leurs rémunérations. Ce qui provoque un vif mécontentement dans les poulaillers où les crises et l'augmentation des charges ont fait des ravages. « Malgré les promesses faites, Doux reste le seul groupe à ne pas avoir revalorisé ses contrats », indique la FRSEA de Bretagne qui déplore le manque de considération du groupe à l'égard de ses producteurs. Dans une lettre ouverte, ce syndicat appelle les éleveurs de Doux à démarcher les autres industriels de la volaille et faire jouer le jeu de la concurrence.
« Les temps changent »
« Nous reconnaissons que les éleveurs ont des augmentations de charges conséquentes mais elles sont sans commune mesure avec la hausse de 60 % du coût de l'aliment supporté par le groupe. Il y a des choses qu'on ne peut pas faire », répond Marine Champon. « Les temps changent. Le groupe Doux doit mettre de l'eau dans son vin, sinon il perdra ses éleveurs. Il a autant besoin de nous que nous de lui. Pour vendre de la volaille, il faut en produire », confie un producteur.