Doux. La direction confirme le dégraissage
La direction générale du groupe Doux a confirmé, hier, la suppression de 647 postes à Locminé, au Châtelet et à Pleucadeuc. Suffisant pour sauver la filière viande fraîche ? Locminé et Le Châtelet condamnés. « Bâtiments vétustes, impossibilité d'agrandissement, ramassage de la production inadapté, coûts de production élevés, éloignement géographique des élevages, frais de modernisation trop lourds ». Outre la morosité économique persistante du secteur avicole, ce sont les justificatifs de fermeture des sites de Locminé (56) et du Châtelet (Cher) fournis par la direction générale de Doux, hier, en comité central d'entreprise, à Châteaulin (29). Aux 200 salariés venus les soutenir, les délégués centraux du personnel ont rétorqué « qu'il s'agissait de prétextes, pas de raisons ».
Avant la fin de l'année. Même si elle n'impose pas d'échéance finale, la direction voudrait faire vite. La date butoir du 31 décembre 2008 est avancée pour les fermetures des sites de Locminé (451 salariés), du Châtelet (133 salariés) et l'arrêt de la chaîne d'abattage de canards à Pleucadeuc (63 postes). Le calendrier du plan de sauvegarde de l'emploi, officiellement ouvert hier après-midi, prévoit un nouveau rendez-vous le 12 août et le déclenchement de la phase des départs volontaires en octobre. CGT et FO demandent un report de la deuxième réunion en septembre.
274 postes de reclassement. La direction a identifié 274 postes de reclassement sur d'autres sites du groupe. Elle « s'engage à verser des aides à la mobilité, à mettre en place un espace emploi, à allouer des budgets aux formations et des mesures spécifiques au bénéfice des plus de 50 ans ». La CGT parle de cent postes en interne, accordant, de toute façon, la priorité « à la sauvegarde de l'emploi ».
Fini le canard. La disparition de la chaîne d'abattage de canards de Pleucadeuc signifiera l'arrêt pur et simple de la commercialisation de cette viande par le groupe Doux.
Concentration sur le congelé ? « En dix ans, les effectifs brésiliens ont doublé (de 4.000 à 8.000 salariés). Dans le même temps, en France, ils sont passés de 6.500 à 4.548. Nous entrevoyons bien la stratégie de concentration sur le congelé, au détriment du frais », redoute Michel Le Guellaud (CGT). Une progression de 40 % des exportations vers le Moyen-Orient ces six derniers mois étaye ses craintes.
Des partenaires toujours recherchés. La passation de 190 M€ de dettes à la Barclay's permettrait au groupe de se rapprocher d'une situation de roulement sur ses fonds propres. Mais il continue de chercher des partenaires, n'écartant pas la possibilité de s'adosser à un industriel. « Toutes les pistes sont envisagées pour rebondir dans le marché du frais en France, assure une porte-parole de la direction. La restructuration que nous entamons (avec transfert d'activité dinde de Locminé vers Pleucadeuc et Plouray) vise précisément à retrouver notre compétitivité ».
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Un peu plus de 200 salariés, principalement de Locminé, ont manifesté, hier, devant le siège châteaulinois du groupe, où se tenait le CCE les condamnant.
Sources
Le Télégramme
23/07/2008
Rubrique: Internationale & nationale
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