Crédit immobilier. Les banques moins généreuses
La somme des crédits immobiliers accordés a baissé de 11 % au premier semestre.
Si la demande se maintient, les banques, fragilisées par la crise des subprimes, sont plus frileuses.
Les banques sont de moins en moins promptes à attribuer des prêts immobiliers. Durant les six premiers mois de l'année, elles ont accordé 136 milliards d'euros de crédit pour le logement contre 142 milliards lors du premier semestre 2007.
La faute à qui ? L'enquête du Crédit logement et du CSA disculpe d'entrée de jeu les taux d'intérêt. Selon l'étude, ces derniers n'ont pratiquement pas bougé ces neuf derniers mois. De 4,62 % au 4 e trimestre 2007, le taux moyen est passé à 4,67 % au premier trimestre 2008 et à 4,68 % au second.
La demande fiable
Alors, les dossiers des demandeurs seraient-ils moins convaincants ? Au contraire : la capacité financière des emprunteurs est comparable à celle du début des années 2000 avant la hausse des prix de l'immobilier.
De plus, la récente mise en place du crédit d'impôt au titre des intérêts d'emprunt, destinée à favoriser les primo accédants, a permis à plus de ménages de se porter acquéreurs.
Les banques prudentes
Finalement, les principales responsables ce sont les banques elles-mêmes. Ces dernières sont à cours d'argent. La crise des crédits américains à risque (subprimes), qui a éclaté à l'été 2007, a conduit les banques, devenues méfiantes les unes à l'égard des autres, a moins se prêter mutuellement ou à le faire à des conditions plus onéreuses. C'est cette crise de liquidité qui provoque une restriction de l'offre de crédit. Et l'augmentation des taux directeurs de la Banque centrale européenne, début juillet, ne fait que renforcer le phénomène.
Face à cet argent plus cher, les banques devraient être amenées à augmenter leurs taux dans les mois qui viennent. Cependant, l'étude estime que la forte concurrence dans le secteur devrait limiter la hausse.