Avon Polymères. Commandes en baisse et chômage partiel
Chute des commandes, chômage partiel et chiffre d'affaires en baisse... Victime du marché de l'automobile en berne, le Vannetais Avon Polymères traverse une passe difficile.
Avon Polymères, fleuron de l'industrie vannetaise, traverse actuellement une passe difficile. Ce leader de la durite caoutchouc et silicone métal pour l'automobile connaît une baisse d'activité de 30 % et a dû se résoudre au chômage partiel depuis la rentrée. « En août, les immatriculations étaient en recul de 15 % en Europe et de 7 % en France... On est directement impacté par la baisse des ventes de voitures », explique Thierry Michaud, le directeur de l'usine.
L'automobile ne va pas bien. Et les chiffres que l'industriel lit tous les matins sur son écran d'ordinateur ne l'incitent guère à l'optimisme : 3.300 suppressions d'emplois chez Volvo en plus de 2.900 annoncés, fermeture de l'usine Renault de Douai du 16 octobre au 13 novembre et celle de Flins à la Toussaint et à Noël, celle de Général Motors-Espagne durant plusieurs semaines courant octobre...
Chute des commandes
La conséquence est une baisse sensible de volume de la clientèle d'Avon : les commandes sont en chute de 20 à 25 % au moins jusqu'en décembre et vraisemblablement en janvier 2009. Une sous-activité qui a pour corollaire une mise en chômage partiel des ateliers cinq jours par mois et sans doute davantage en novembre et décembre.
Chiffre d'affaires impacté
La conjoncture négative a également eu pour effet de retarder le démarrage de nouveaux projets, avec un impact supplémentaire de - 5 à - 10 % sur l'activité de l'usine. « On devait lancer un projet pour Renault début septembre. On avait commencé à fabriquer et à stocker des pièces pour la Clio et la Modus depuis juin... Mais Renault a annulé le 24 juillet pour la Clio. On ne livre plus que pour la Modus » !
Du côté de Toyota, ce n'est guère mieux. Thierry Michaud n'a pu que constater le 6 octobre l'arrêt de toutes les commandes durites pour la Auris... « Or, Toyota est notre deuxième client et représente 20 % de notre chiffre d'affaires, dit le directeur. Quant à Renault, c'est 25 % du chiffre d'affaires et plus de 50 % l'année prochaine ».
Salariés inquiets
Avec cette dégradation du marché depuis la rentrée, le chiffre d'affaires d'Avon sur l'ensemble de l'année 2008 baisse de 20 %. « On fait le dos rond. On subit. Au-delà de trois mois, la visibilité sur les ventes est très mauvaise. On va dépendre de la nouvelle Mégane ».
L'inquiétude des 225 salariés, à qui sont proposées depuis un an et demi des incitations au départ, grandit. Toutes ces questions seront évoquées lundi au prochain comité d'entreprise.