Point de vue. Les boucs émissaires de Sarko
Après avoir fanfaronné qu’il n’était « pas si difficile de gouverner », Nicolas Sarkozy a reconnu à la télévision des erreurs de communication notamment sur la présentation du paquet fiscal dénaturé par l’opposition.
Mais l’homme étant hostile à toute forme de repentance, il n’a concédé aucune erreur sur le fond ou même dans la méthode ayant consisté à multiplier les réformes sans forcément hiérarchiser les priorités. Habitué à diviser pour régner, il a fait porter sur Matignon l’essentiel des couacs gouvernementaux en s’exonérant de toute responsabilité, accusant tour à tour son Premier ministre de trop se protéger ou estimant que l’inexpérience de celles qu’il avait choisies avec un sens parfait du casting, ne les protègerait plus à l’avenir en cas de nouveaux dérapages. Mais il manquait à son tableau de chasse d’autres boucs émissaires afin de se défausser. Ainsi, à l’occasion d’une réception à l’Élysée des députés UMP, le chef de l’État se comparant à ses prédécesseurs, s’en est pris violemment aux chiraquo-villepinistes, agacé sans doute par leur guérilla sur la réforme constitutionnelle au nom du gaullisme. En clair, Nicolas Sarkozy estime que Jacques Chirac a mal gouverné la France, reprenant ce thème de la rupture sur lequel il a construit sa campagne en se démarquant de son propre camp. Outre que le procédé était déjà curieux de la part d’un homme ayant participé à la plupart des gouvernements chiraquiens, on serait tenté de dire au Président qu’un an après son élection, tout cela appartient au passé et ne peut être invoqué pour le dédouaner des actions en cours. Par ailleurs, on verra le moment venu la vérité des chiffres pour savoir quel clan a le mieux gouverné le pays. Enfin, les attaques contre la presse sont un grand classique. Certes, il y a une part d’injustice dans les critiques à répétition, parfois haineuses, contre cet homme qui essaie de bousculer le conservatisme du pays pour l’adapter au monde. Mais la psychologisation du personnage, qui y a prêté le flanc, est désormais à la mode comme si le journalisme politique avait changé de nature.
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Hubert Coudurier.
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