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Europe. La diversion de Sarkozy
En chute libre dans les sondages, Nicolas Sarkozy a tenté, hier soir, de redorer son blason présidentiel en se prévalant d'un « succès » du traité de Lisbonne.On l'accusait de désacraliser la fonction. Le président de la République est apparu, vêtu de sombre, dans le cadre solennel de son palais, pour prononcer une allocution très digne. On lui reprochait de ne penser qu'à lui : il nous a parlé d'une Europe « formidable puissance » et promis de mettre toute son énergie « pour que la France soit de nouveau une force de proposition ».
Fragile position européenne
On faisait le compte de ses échecs récents : un rapport Attali explosif, qui a obligé le Premier ministre, pour rassurer les chauffeurs de taxi, à faire machine arrière ; la fermeture de l'usine Arcelor-Mittal de Gandranges, à laquelle aucun économiste sérieux ne pense que l'État pourrait remédier en investissant l'argent des contribuables. Sans compter, toujours, la hausse des prix et la baisse du pouvoir d'achat. Sans compter aussi l'aggravation du déficit de notre commerce extérieur... Ce qui nous met dans une position particulièrement délicate au moment de prendre la tête de l'Union européenne. Eh bien ! Nous annonçait fièrement, hier soir, Nicolas Sarkozy, ce traité européen de Lisbonne, dû à la France, « c'est un succès ! ». Normalement, cette déclaration aurait dû être faite lundi, au soir du vote du Congrès à Versailles. Ou le lendemain.
Série de ratés
En la repoussant à hier soir, Nicolas Sarkozy et ses conseillers avaient-ils pensé que la semaine serait si rude et qu'il serait urgent, avant l'envol du président pour la Guyane, d'allumer un contre-feu ? Sans doute redoutaient-ils une nouvelle chute dans les sondages, ainsi qu'une rafale de titres de magazines : sur la « déception », ou « le président qui fait pschitt ». Ils se doutaient bien, aussi, que le plan banlieues au rabais ne recevrait qu'un accueil mitigé. Mais ils n'avaient pas prévu que Sarkozy se laisserait aller, à la fin de sa visite aux ouvriers de la sidérurgie, à ce commentaire calamiteux : « Gandranges, pour un voyage de noces, y'a pas mieux ! ». Ni que le site du Nouvel Observateur publierait un SMS que « Nicolas » aurait envoyé à « Cécilia ».
Putsch du fils Sarkozy
L'Élysée n'imaginait pas non plus que la campagne municipale de Neuilly, déjà plombée par le climat général de désenchantement et par la petite phrase malheureuse du « candidat du président », son propre porte-parole à l'Elysée, David Martinon (« En venant m'installer ici, je fais un sacrifice financier ». Réplique de la salle : « Retourne donc chez toi ! »), virerait soudain au cauchemar, le propre fils de Sarkozy, Jean, lançant une sorte de « putsch » pour débarquer Martinon et monter une autre liste. Ce matin, on aurait parlé que de ça s'il n'y avait eu le discours européen. Mais le chemin de croix des municipales ne fait peut-être que commencer.


Sources
Le Télégramme
11/02/2008
Rubrique: France
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