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Vieilles Charrues 2008 Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

ZZ Top. Encore merci d’être velus ! (18/07/08)

Velus et velus nombreux ! Très ! Affluence estimée hier : 55.000 festivaliers dans la prairie (environ 50.000 entrées payantes). Le plein, ou tout comme. Et pour qui tout ce monde-là ? Deux noms, en particulier : les barbus de ZZ Top et le très glabre Christophe Maé. Un mélange des contraires typiquement carhaisien.


www.letelegramme.com

Yael Naim, l'accroche coeur
Coincée entre Motörhead et ZZ Top, la frêle Yael Naim aurait pu se poser à Kerampuil comme un cheveu sur la soupe. Mais le charme de la belle et son « lalala » entêtant ont séduit.
C’est le grand classique des Charrues : un concert où, pendant une heure trente, un instant de grâce s’impose dans ce monde de brutes.


Le festivalier au cœur d’artichaut le sait : chaque année, il tombe amoureux. Il n’y peut rien, c’est comme ça. Qu’il pleuve, vente ou fasse 46 ºC, c’est toujours pareil : une jolie chanteuse à la voix de velours s’installe sur scène et tout le reste s’efface.

Et après ça, notre cœur d’artichaut s’en va retrouver le bruit et la fureur, tout chamboulé. Cette année, ça s’annonçait gros comme une maison. Yael Naim et sa « New Soul » avaient mis un peu de couleur dans les mois de grisaille, réchauffé l’hiver. Alors, sa jolie frimousse, sa voix d’ange offerte ici, en live, ça n’allait pas rater.

Dès les premières notes, on y est. Entourée, couvée même, par ses trois musiciens (tiens, pas de cuivres ce soir), la Franco-Israélienne impose ce drôle de mélange de soul et de folk d’une infinie douceur. C’est drôlement joli, et l’ensemble sonne comme une carresse à nos oreilles pas vraiment ménagées jusque-là.


Cette fille-là est quand même capable de reprendre et détourner le « Toxic » de Britney Spears pour en faire un blues classe au possible. Et toujours avec cette élégance, ce sourire étincelant, même quand l’accordéon est trop fort, qu’elle n’entend pas sa voix qui berce l’audience. Quand arrive l’heure du tube et de son fameux « lalala.. ».

Et là, il y a quelque chose qui cloche. Le public n’est plus qu’une immense chorale à qui la belle tend le micro. Elle devait chanter pour notre cœur d’artichaut et ce sont les autres qui chantent pour elle. Le monde à l’envers ! Dommage, tout ça se finit un peu comme un rendez-vous manqué. Pas grave, demain Asa sera là pour nous consoler.
Pierre Chapin

Christophe Maé. Rasoir ou ébouriffant ?
Il était attendu au tournant. Sweat à capuche et jeux de scène efficaces, Christophe Maé, l’idole des jeunes, n’a pas raté son virage. On aime ou on n’aime pas, à chacun d’apprécier.
Ebouriffant
Deux heures trente. Ça peut paraître long, mais quand on aime... On en redemande ! Et c’est exactement le sort réservé, hier soir, à Christophe Maé sur la plaine de Kérampuil, vedette montante ravie. Un Christophe Maé enchanté de prolonger un set qui fleurait bon l’aloé véra. « On est super fiers de l’accueillir. C’est quelqu’un qui a tout à fait sa place aux Vieilles Charrues, et je suis sûr qu’il va faire un carton », promettait Jean Philippe Quignon, avant le début du concert. Et, pour dire le moins, le président du festival a eu le nez creux, tant le Réunionnais aura enthousiasmé. « Il est trop beau ! J’adore son style, sa voix, sa façon de danser ! » Le même discours dans toutes les bouches, surtout féminines. Lors de son passage à Carhaix, lui qui a, tour à tour, incarné les Jackson Five, Bob Marley ou Arrested Development, a confirmé son statut d’idole, de star « bankable ». Le succès est même total. Impressionnant. « Après tout, je ne suis qu’un homme », atténue, modeste, le chanteur. Mais non, Christophe, tu es tellement plus...
Thierry

Rasoir
Bonsoir Christophe,
Désolée de te décevoir, ainsi que tous tes fans, mais décidément : non ! Non, ça ne se fait pas de saluer le public des Francofolies quand on est aux Vieilles Charrues. Non, ça n’est pas très poli de garder son couvre-chef devant des milliers de gens. Non, on ne peut décemment pas endosser les costumes trop grands de Julio Iglesias, Bob Marley ou Michael Jackson sur un si petit corps, aussi souple soit-il. Non, non et non : on ne se dit pas rebelle en appelant son « Papa » ! Moi, Christophe, je te le dis : j’ai passé l’âge des tétines, je n’aime pas le Roi Soleil, alors tu sais, ta joie de vivre et tes petits pas de côté, ça me donne la migraine. Tes sweets à capuche cachent mal les tatouages que t’as pas et puis, franchement, quoi que tu en dises, tu y ressembles un peu trop, au gendre idéal. Mais c’est pas grave, je m’en fiche. Les autres t’écoutent pour moi. Je te laisse à ton harmonica et à ton paradis. JTM pas, Kristof, et puis voilà.
Sofi
Etienne Daho. « Je ne me suis jamais planqué »
Figure éminente et classieuse de la pop française, l’esthète Daho invite cet après-midi les festivaliers à un voyage immobile au travers de 25 années de tubes élégants et racés. L’émotion devrait être égale des deux côtés de la scène.
Vous allez monter sur scène devant 50. 000 ou 60.000 personnes. Vous vous êtes déjà retrouvé devant un public aussi énorme ? Non... Devant 15.000, 20.000, oui, mais, 60.000... C’est énorme... Mieux vaut que j’évite d’y penser (rires). Ceci dit, c’est peut-être plus impressionnant de jouer dans des « petites » salles. Face à une foule, on a le sentiment d’être entre soi sur scène. C’est presque plus sécurisant...

Avec 120 ou 130 chansons à votre répertoire, comment composez-vous une nouvelle « set-list » ? Y a-t-il des incontournables ou des titres que vous assumez moins avec le temps ? Avec le temps, c’est toujours plus difficile de choisir, même si le plus important en ce moment, c’est de défendre l’album « L’invitation », qui fonctionne bien sur scène. La période actuelle est intéressante : le public sort d’une certaine nostalgie des années 80 et se tourne vers des chansons plus récentes, parfois plus riches. Mais j’assume toutes mes chansons. C’est comme pour un roman : si on ôte un chapitre, la cohérence en prend un coup. Et quand le public réclame un titre qui n’est pas prévu, je l’invite à le chanter lui-même...

Au moment du « Grand sommeil », vous imaginiez être encore là 25 ans plus tard ? Oh, à l’époque, je ne savais même pas ce que je ferais la semaine d’après ! Alors, faire encore de la musique en 2008

... Avec des titres comme « Un merveilleux été » ou « Boulevard des Capucines », sur le dernier album, vous semblez vous dévoiler davantage, que par le passé. Un choix ? Je ne me suis jamais vraiment planqué, vous savez... C’est peut-être simplement, qu’avec le temps, l’écriture s’affine, qu’elle devient plus précise... Autour de moi, un morceau comme « Boulevard des Capucines » touchait les gens avant même qu’ils ne sachent que j’y parle de mon histoire avec mon propre père...

De gros coups de cœur musicaux, ces derniers temps ? Marlon Roudette, le chanteur de Mattafix, une voix et une présence envoûtantes. Il me fait penser à Smokey Robinson. Sinon, j’écoute du dub, de la soul 60’s et de plus en plus de classique, du Schubert, etc. C’est nouveau pour moi. Un effet de l’âge ?

Votre voix a parfois été brocardée par ceux pour qui un « vrai » chanteur se doit de disposer d’un organe vocal surpuissant... Comment réagissez-vous aujourd’hui à cette critique ? C’est un peu en train de s’arrêter. Ceux qui lançaient ce genre de plaisanteries ne prenaient pas toujours le temps d’écouter vraiment. Ça ne fait pas forcément plaisir mais, bon, ça ne touche pas plus que ça... De toute façon, j’ai une voix ! Pas une grande voix, mais une voix ! Et après tout, 25 ans après, je suis toujours là, contrairement à certains moqueurs d’autrefois... Alors, au bout du compte, qui c’est qui a l’air d’un con (rires) ?


Scène electro. Les jeunes loups sont lâchés
Entre la puissance de SebastiAn, l’electro-rock de Does It Offend You, Yeah ? ou la folie punk de Crystal Castles, la scène electro offre un samedi soir incroyablement dense et dance. Kerampuil résonne encore du funk métallique de James Murphy et de son LCD Soundsystem, et, à un degré moindre, des basses telluriques de Justice, en 2007.
Sans locomotive de cet acabit cette année, la programmation electro offre ce soir un nombre d’artistes émergents excitants, comme autant de potentielles bombes sur la terre carhaisienne. Après le passage de la survitaminée Yelle dans l’après-midi, la soirée offre un terrible enchaînement sur la scène Xavier-Grall. De 22 h 30 à 3 h du mat, ce sera « Danse avec les jeunes loups » ! Avec pour commencer, SebastiAn, qui, en quelques morceaux comme l’énorme « Ross Ross Ross », a séduit les amateurs de grosse basse. Le gars fait partie du label Ed Banger, label de Justice et DJ Mehdi. Suivra ce qui peut constituer l’une des révélations 2008 : Crystal Castles. Arrogants, sauvages, fans de punk et de jeux vidéos des années 80, Alice Glass et Ethan Kath, deux Canadiens, font de chaque show un événement en soi.
Missill propulsée
Suivra l’univers foisonnant de Missill, invitée de dernière minute, pas beaucoup plus tendre avec nos petits petons. Dernière machine à suer, le trio anglais, un brin provoc, Does It Offend You, Yeah ?, connus pour le tube « We are rockstars », et dont l’énergie très rock est plutôt du genre sans pitié. Si avec cette dose, le festivalier peut encore marcher demain soir, il sera inspiré de tenter une percée vers Wax Tailor, dont les morceaux cools sur une base hip-hop feront du bien aux arpions.

19/07/2008.


60 ans et toujours sexy....
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