« Dès qu'il y a des débordements, on nous stigmatise et on brandit cette menace, dénonce Michel (*), 23 ans, militant et squatteur à Rennes. Cette théorie du complot, c'est du fantasme. On veut nous diaboliser ». Sur internet, où la mouvance compte de nombreux relais d'information, le ton est le même :
« Cette stratégie vise à nous faire peur, à nous isoler, à nous diviser et à nous discréditer. On veut faire taire un mouvement qui grossit et qui dérange politiquement ».
« Un cas isolé »
Contrairement à ce qui s'est produit à la suite d'interpellations similaires en France ces derniers mois (lire ci-contre), aucun comité ne s'est formé pour soutenir Daphnée, Randal et Grégoire. Très méfiants, ceux qui les ont croisés dans les squats rennais sont peu enclins à parler à la « presse bourgeoise ». Pour les quelques « autonomes » qui ont accepté de nous rencontrer, cette affaire est « un cas isolé » : « C'est une erreur de jeunesse. Ils ont voulu jouer un peu trop ».
« La lutte contre le capital : voyez où cela l'a mené... »
La mère d'un des trois interpellés a été « soufflée » par cette affaire : « Nous savions que notre fils faisait des choses répréhensibles, mais nous ne savions pas quoi. C'était un élève très brillant. Le système scolaire l'a cassé. Très tôt, il a quitté l'école. Il n'a pas son bac. Il s'était installé à Toulouse quelques mois avant les faits. Il était inscrit aux Beaux-Arts de Tarbes. Ces derniers mois, il avait épousé des causes politiques radicales. Il parlait de lutte contre le grand capital. Voyez où cela l'a mené. On ne défend pas des idées politiques de cette façon. Cela n'a brisé que lui et n'a servi à rien. Lui était un peu paresseux. Il voulait gagner de l'argent facilement. Il se définissait comme un voleur, un Robin des Bois. Il situe son basculement au moment des manifestations anti-LRU, où il a rencontré beaucoup de monde, et de l'élection présidentielle ». L'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée aurait joué, en quelque sorte, le rôle de « détonateur ». Pour la mère de ce jeune homme, le retentissement de cette affaire n'a « pas lieu d'être ». « Il n'y a pas d'organisation derrière eux. Il s'agit juste de jeunes en souffrance, qui n'arrivent pas à s'insérer et que personne n'a aidés. Ce ne sont que des copains d'infortune, des jeunes qui sont mal et qui ont essayé de mauvaises choses ».
* Aucun des « autonomes » rencontrés n'a souhaité donné son véritable prénom.