A son projet de tramway, l'équipe Cuillandre y croit dur comme fer ! Pas étonnant donc qu'elle ait choisi ce mode de matériel roulant pour la ligne qu'elle entend construire, à partir de 2009, entre le Froutven, à l'est, et Thales, à l'ouest. Ce choix a aussi été guidé par d'autres raisons...
La « première » ligne de tramway devrait coûter 306 M€ car on y intègre, désormais, la possibilité d'une antenne vers le Froutven, à Guipavas, à l'est de Kergaradec, où débutait le premier « tracé de référence ». Avec la prise en compte de l'existant et des équipements commerciaux programmés dans le secteur (Ikea, Décathlon...), la fréquentation du tram, le samedi, serait de 1.600 descentes et montées par jour.
Pour le « tram-train »
Fer ou pneu, l'un ou l'autre n'aurait pas modifié significativement la facture. En revanche, comme l'a rappelé, hier, la vice-présidente de Brest Métropole Océane, Annick Cléac'h, une analyse comparative a démontré que la technologie du fer présente plusieurs avantages sur celle du pneu : le tram fer a une « évolutivité » (vilain mot !) plus importante en terme de capacité de transport. De plus, le tramway sur pneu est construit par un seul industriel et le « retour d'expérience » sur ce système est récent (la ligne de Clermont-Ferrand, seule ville française à avoir choisi le pneu, n'a ouvert que fin 2006).
Enfin, le mode sur pneu empêche les connexions éventuelles à un réseau ferré existant. Or, Brest Métropole Océane n'écarte pas d'être en mesure d'adopter le « tram-train » sur son territoire, à l'horizon 2015-2020. C'est justement cette raison-là qui a conduit, le 1 e r février, les élus municipaux du Relecq-Kerhuon à plébisciter, par 31 voix contre 32, le choix du tramway sur fer. Cette position a été défendue « sans état d'âme », hier, en séance communautaire, par leur maire Marcel Dantec, jusqu'à présent plutôt hostile au tram. « Il faut savoir se projeter sur l'avenir », a-t-il déclaré, imaginant que ce système permette de « relier à terme aux deux lignes de tram de Brest (tiens, « deux lignes »), les communes du Relecq et de Plougastel, ainsi que le sud-est de Guipavas, et, pourquoi pas, La Forest-Landerneau, Landerneau et Dirinon ».
Le maire de Guipavas inflexible
À l'inverse, son homologue de Guipavas, Henri Pallier, n'a « toujours pas digéré la méthode employée » pour « imposer cette décision ». Il a réclamé, hier, sans succès, le lancement d'une étude permettant de desservir rapidement le secteur du Froutven, dès l'arrivée des grosses enseignes que l'on sait, par une ligne de busway. Ce busway a, lui aussi, été défendu par Claudine Péron (UMP Brest Renouveau). « Le coût de construction d'un tramway, a-t-elle indiqué, est de 22 M€ par kilomètre, trois fois supérieur au prix d'un espace pour Busway ». Réplique d'Annick Cléac'h : « Un busway nous obligerait à faire circuler un bus toutes les deux à trois minutes au centre-ville ! Je vous laisse imaginer les conséquences pour la circulation... J'ai la conviction totale, a-t-elle ajouté, que seule une ligne de tramway est en mesure de remplir les objectifs que nous nous sommes fixés ». Au final, seuls les élus de la droite brestoise, bien isolés sur ce sujet, ont voté contre ce choix du tramway sur fer. Les élus UDF de Plouzané se sont abstenus, tout comme ceux de la majorité municipale de Plougastel. Henri Pallier et Claudine Péron (à l'issue d'un incident de séance) n'ont pas pris part au vote.
Patrice Le Berre. 10/02/2007