« Les trois ressortissants azerbaïdjanais ont pris d’abord le train à destination de Paris et ont contacté notre ambassade dès leur arrivée à la gare ». « Par la suite, les trois marins ont quitté le territoire français au vu et au su de la police de l’air et des frontières parce qu’ils n’étaient soumis à aucune mesure d’interdiction »,
lit-on dans ce communiqué. « Ces marins étaient libres de leurs mouvements par ordonnance du procureur de la République qui avait précisé que l’équipage de ce navire ne faisait l’objet d’aucune mesure de consignation dans le cadre de l’enquête pénale », étayent les diplomates. Répondant à l’article paru dans le Figaro du 19 septembre, l’ambassade insiste sur le fait de n’avoir orchestré aucune action clandestine « en exfiltrant les marins », selon les termes du quotidien.
Libres mais en infraction
Pourtant, en quittant Brest pour revenir en Turquie où ils sont employés et résident, les marins ont violé une disposition de la convention maritime internationale (FAL) qui restreint les déplacements dans la ville d’escale et à ses abords immédiats. Que dit cette convention ? Que les marins peuvent évoluer à leur guise dans leur ville-escale, sans avoir le droit de s’aventurer au-delà. On sait que cette règle internationale n’est pas systématiquement respectée puisqu’il est impossible de « fliquer » tous les marins du monde. Force est de constater que le non-respect de cette disposition prend un tout autre relief après le naufrage du Sokalique.
Ils connaissaient la règle
Les marins ont-ils pris le courrier du procureur pour un « laissez-partir » ? Impossible. Du côté des Affaires maritimes, on explique qu’un autre courrier traduit en anglais a été remis à chaque marin du cargo, bien avant que le commandant, le second et un matelot ne quittent le bord. Ce texte leur rappelait leur droit d’aller et venir jusqu’aux limites de la ville de Brest. « Sous la pression médiatique, ils n’osaient même pas sortir du bateau. Nous avons cru bon de leur rappeler la règle et la possibilité de prendre l’air, même du fond d’une base militaire », rappelle le directeur des Affaires maritimes à Brest. De fait, ce courrier leur rappelait aussi l’interdiction de quitter la vil le.
La confusion s’installe
Mais ces marins avaient-ils le sentiment de vivre une escale comme les autres ? Trois semaines après les faits, non inquiétés par la justice française, trois d’entre-eux ont décidé de rentrer chez eux. Attitude humainement compréhensible. Fait rageant pour la famille et les proches du disparu. Tournure angoissante pour les cinq marins restant à bord, sans doute les moins impliqués dans une affaire qui sombre elle aussi, jour après jour, un peu plus dans la confusion.