Après la mise en examen, lundi soir, du trader Jérôme Kerviel, la Société générale s’est constituée partie civile, hier. L’attention se porte désormais sur Daniel Bouton, le P-DG de la banque. Le président Nicolas Sarkozy a lancé la charge lundi soir, estimant qu’une telle crise ne pouvait « pas rester sans conséquences ». Depuis la révélation de l’affaire, de nombreuses voix politiques se sont élevées pour réclamer la « tête » des dirigeants de la banque. Hier, la ministre de la Justice, Rachida Dati, a estimé que la responsabilité de Daniel Bouton pouvait « être engagée ». Pour le président de la commission des Finances du Sénat, le centriste Jean Arthuis, le P-DG de la banque ne peut « pas faire autrement que partir ». De son côté, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a jugé qu’il revenait « aux administrateurs » de décider du maintien ou non du P-DG à son poste. Un conseil d’administration « ordinaire » doit se tenir aujourd’hui.
Enquête sur les échanges
A gauche, le ton était plus conciliant : Michel Sapin, secrétaire national du PS à l’Économie, a invité à « éviter la politique du bouc-émissaire ». Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a renchéri : « Il faut arrêter de faire de la démission ou du départ de M. Bouton la solution à la crise actuelle. » En outre, les soupçons de délit d’initié sont venus s’ajouter aux critiques sur le management depuis que l’Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé d’énormes ventes d’actions par un des administrateurs de la banque. L’AMF a d’ailleurs ouvert une enquête sur les échanges effectués sur les titres Société générale.
S a hiérarchie était au courant
Lors de sa garde à vue, Jérôme Kerviel a suggéré qu e sa hiérarchie était au courant de l ’ importance des sommes qu ’ il avait engagées . « Je ne peux croire que ma hiérarchie n ’ avait pas conscience des montants que j ’ engageais, il est impossible de générer de tels profits avec de petites positions » , a notamment indiqué le trader aux enquêteurs, selon des extraits de son procès-verbal d ’ audition publiés par le site « Mediapart » et confirmés de source judiciaire . « Ce qui m ’ amène à dire que , lorsque je suis en positif, ma hiérarchie ferme les yeux sur les modalités et les volumes engagés. Au quotidien, au titre d ’ une activité normale avec des engagements normaux, un trader ne peut générer autant de cash » , a-t-il ajouté .
Mini-sommet sur la crise financière Les dirigeants européens réunis hier à Londres sont « convenus que les fondamentaux de l’économie européenne restaient solides » tout en appelant à plus de transparence dans le fonctionnement des institutions financières.