Après 38 jours de détention à la prison de la Santé, Jérôme Kerviel a le sourire. La cour d'appel de Paris a accepté, hier, sa demande de remise en liberté, contre l ' avis du parquet général . « Il est très surpris par sa libération. Il ne s'y attendait pas », confie son avocate, M e Elisabeth Meyer.
Le jeune trader de 31 ans n ' a fait aucune déclaration avant de partir en voiture pour une destination inconnue. Selon son avocate, il « va aller se reposer quelques jours, ensuite il aura des réunions avec ses avocats pour préparer sa défense » .
Contrôle judiciaire
La cour d' appel de Paris a justifié la remise en liberté de Jérôme Kerviel en se fondant , notamment , sur les résultats de la mission d ' inspection de la Société générale, présentés le 20 février, qui exclut « à ce stade toute complicité ou détournement » , selon une source proche du dossier. M e Meyer a assuré que le jeune trader continuerait, « comme on l ' a dit depuis le premier jour, à répondre aux convocations des juges » du pôle financier du palais de Justice, Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset. La remise en liberté de Jérôme Kerviel est assortie d ' un contrôle judiciaire très strict qui permettra à l ' instruction de se poursuivre en toute sécurité, en toute sérénité. Jérôme Kerviel est astreint , d ' une certaine manière , à résidence et il a l ' interdiction de rencontrer un certain nombre de témoins et donc de pouvoir exercer la moindre pression sur eux. Aucune caution ne lui a été imposée.
Nombreuses conditions
La porte-parole du parquet général, Ulrika Weiss, a précisé les conditions du contrôle judiciaire imposé au trader, devenu célèbre dans le monde entier, après l ' annonce par la Société générale d ' une perte record de 4,9 milliards d ' euros. Ce contrôle prévoit « l ' interdiction de sortir d ' Ile-de-France sans autorisation écrite et préalable du juge d ' instruction » , et lui impose de remettre aux autorités sa carte d ' identité et son passeport avant sa sortie de la maison d ' arrêt de la Santé. Jérôme Kerviel, soupçonné de falsifications qui ont entraîné cette perte record, avait été mis en examen le 28 janvier pour « faux et usage de faux » , « introduction dans un système de données informatiques » et « abus de confiance » .
18/03/2008.