Naufrage du chalutier. Aux images de parler
Les recherches pour retrouver les corps des quatre marins du chalutier la P’tite Julie ont été arrêtées mardi soir. Le chasseur de mines Eridan est attendu sur zone aujourd’hui.
Le navire qui coordonnait le dernier temps des recherches, le bâtiment de soutien de la Marine nationale l’Argonaute, est rentré hier à Brest. Les sept chalutiers qui, toute la journée de mardi, ont sillonné dans le secteur du naufrage, ont également cessé de tourner. Mardi matin, un Falcon 50 de Lorient avait apporté son soutien, relayé l’après-midi par le Cessna des Douanes. Mais il a bien fallu se rendre à l’évidence, la mer ne rendant, pour le moment, à la surface que du matériel et des caisses de pêche. Si les constatations sous-marines suffisent... Le chalutier de 24,60 m repose par 80 m de fond, à 54 km au nord de l’île Vierge. Sa position est parfaitement connue. La suite de l’enquête va consister à plonger sur l’épave pour tenter de comprendre ce qui a bien pu se passer. Mais l’état de la coque, sans doute déformée par la pression et son atterrissage 80 m plus bas, ne facilitera pas l’interprétation des experts. Dans un premier temps, il faudra s’appuyer sur les images prises par le poisson autopropulsé du chasseur de mines. La Justice s’orientera-t-elle vers un renflouage du navire ? Difficile à dire à ce stade de l’enquête. « Regardons déjà ce que nous apprennent ces images sous-marines », répondait hier, sobrement, le procureur de Saint-Brieuc, Gérard Zaug. Contrairement à la coque du Bugaled-Breizh, posée par 90 m de fond, la P’tite Julie ne renferme, a priori, aucun corps. Cette absence de corps à l’intérieur, ajoutée au manque d’éléments qui pourrait laisser présager que le chalutier a coulé après une collision, n’encourage pas les autorités à envisager un renflouage du navire. On se souvient de l’importante logistique maritime et de la lourde facture qui avaient déclenché un début de polémique autour du renflouage du Bugaled-Breizh. Sans qu’aucune certitude ne ressorte des constatations techniques et du rapport d’enquête final. L’Eridan appareille ce matin en embarquant des spécialistes de la brigade de recherches maritime.
Nicolas Sarkozy demain à Pléneuf-Val-André
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, viendra, demain, se recueillir quelques instants à la chapelle de Dahouët, à Pléneuf-Val-André, où un hommage est organisé, depuis hier, à la mémoire des marins disparus. Hier après midi, plusieurs équipes de sécurité étaient sur le terrain pour préparer cette visite. Le chef de l’État arrivera de Lille, où il aura assisté à une cérémonie de vœux, vers 13 h. De l’aéroport de Saint-Brieuc, il rejoindra Dahouët, à bord d’un hélicoptère. Après son passage à la chapelle, il rencontrera les familles des disparus. Les obsèques des deux marins, Bruno Lesage et Christophe Toanen, seront célébrées, le lendemain, samedi, à 10 h 30, en l’église de Pléneuf-Val-André.
Un jeune Bellilois parmi les victimes du naufrage
Parmi les membres d’équipage du chalutier La P’tite Julie, naufragé lundi matin, figurait Grégoire Thomas, originaire de Le Palais, à Belle-Ile-en-Mer (56). Ce jeune marin pêcheur, âgé de 24 ans, était embarqué sur ce bâtiment depuis le mois de septembre 2007. Après des études à l’école maritime d’Étel (56), il avait effectué des embarquements à Houat (56) et Lorient, avant de rejoindre Erquy, port d’attache de La P’tite Julie. Porté disparu depuis le naufrage, sa famille souhaite organiser une cérémonie d’adieu à Belle-Ile-en-Mer, à une date qui reste à fixer.
Stéphane Jézéquel
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Le chalutier de l’armement costarmoricain Jean Porcher, La P’tite Julie, repose aujourd’hui par 80 m de fond. Un navire de la Marine nationale part ce matin pour recueillir des images sous-marines de la coque, afin d’essayer de comprendre comment le chalutier a pu sombrer par l’avant en quelques minutes. (Photo archives Claude Prigent)
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