10 h. Ils sont encore des dizaines de Pléneuviens et de Rhoeningiens à se masser devant l'église. Dehors, un soleil timide tente de percer à travers les nuages... Une demi-heure plus tard, les obsèques commencent.
« L'un des meilleurs équipages de Bretagne »
C'est Jean Porcher,
l'armateur de La P'tite Julie qui, le premier, prend la parole pour rendre un dernier hommage à Bruno, Christophe, Florian, Grégoire, Balmiro et Joâo. « Individuellement, vous étiez des modèles de courage, de sérieux et de professionnalisme. L'un des meilleurs équipages de Bretagne ». L'armateur, très humain, très proche de ses hommes comme on peut l'entendre ici et là dans l'assemblée, ne peut plus parler. L'émotion est trop grande. Après quelques minutes pourtant, Jean Porcher reprend le micro, la voix tremblante, pour remercier toutes celles et ceux qui, depuis le drame, témoignent de leur sympathie. « Aujourd'hui, nous avons le devoir de retrouver nos quatre marins encore portés disparus ». Et l'armateur de conclure en lançant à l'attention de l'équipage de La P'tite Julie un très émouvant « Je vous aime ». À son tour, Mgr Lucien Fruchaud, évêque du diocèse de Saint-Brieuc prend la parole. « Aujourd'hui, nous avons tous une pensée émue pour Bruno, Christophe, Florian et Grégoire, mais aussi pour leurs collègues portugais, morts, loin des leurs. Si le monde de la mer n'aime pas étaler ses sentiments, si ce monde est avare de mots, il est animé d'une solidarité naturelle et c'est ce qui fait sa force... ». Hier matin, à Pléneuf, le monde de la mer avait bien du mal à cacher son émotion.
Des navires reprennent la mer aujourd'hui
11 h 30. Les funérailles se sont achevées, mais il faudra attendre encore une heure, le temps de la bénédiction, pour que les corps de Bruno Le Sage et de Christophe Touanen soient inhumés dans l'intimité familiale. Aujourd'hui, certains navires de l'armement Porcher vont reprendre la mer. Les membres d'équipages déposeront alors les couronnes de fleurs au large, la gorge serrée. Dans le port de Saint-Malo (35), la place de La P'tite Julie va, sans doute, restée inoccupée pendant encore de longues semaines.